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La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Daniele
Publié dans : #INSOLITE !, #CULTURE ET POESIE..., #HISTOIRE
Mathieu Faureau distribue aux touristes une frise chronologique pour qu’ils se repèrent entre les gangsters, les hommes politiques et les événements mondiaux. | (Photo : Mélinda Trochu)

Mathieu Faureau distribue aux touristes une frise chronologique pour qu’ils se repèrent entre les gangsters, les hommes politiques et les événements mondiaux. | (Photo : Mélinda Trochu)

À Marseille, beaucoup visitent la « Bonne Mère », le Vieux-Port ou encore les calanques aux portes de la ville. Mais depuis octobre 2015, il est aussi possible de partir en balade sur les traces des truands marseillais. Au choix, deux époques : 1850-1950 ou 1950-2000.

Mathieu Faureau, un Auvergnat tombé amoureux de la cité phocéenne, est devenu un guide incollable sur la French Connection, les Guérini ou encore le "parrain" Zampa.

 

 

À Marseille, on se balade sur les traces des truands!
Le soleil tape, les touristes musardent au pied des voiliers et Notre-Dame de la Garde veille sur tout ce petit monde, fidèle au poste. Près de la mairie, une vingtaine de personnes s’est réunie autour d’un homme au chapeau explicite : « Marseille Gangster Tour ». 
 
Pendant deux heures, elles vont entendre parler de meurtres, de drogue et d’hommes politiques corrompus. Un cocktail détonant que narre Mathieu Faureau, sans se départir d’une frise chronologique.
« Vous êtes ici dans l’ancien quartier réservé où les prostituées rencontraient les matelots, explique-t-il. Un quartier entièrement rasé après la seconde guerre mondiale qui comptait 7 000 prostituées avant la guerre. »
 (Photo : Mélinda Trochu)

(Photo : Mélinda Trochu)

 
Marseille est connue pour sa Canebière, sa « Bonne Mère », mais aussi pour ses gangsters. Le Vieux-Port de Marseille a été la scène de nombreux règlements de comptes. (Photo : Mélinda Trochu)

À 36 ans, économe de flux de profession (personne chargée de faire baisser la facture d’énergie des entreprises et des collectivités) vit depuis cinq années à Marseille.
« Mon beau-frère m’a offert la biographie de Zampa et tout est parti de là. Je me suis amusé à retrouver les lieux dans la ville et j’ai eu l’idée de ce tour sur les gangsters ! » Une à deux fois par semaine, il compte les histoires des nervis, des Apaches et autres braqueurs.
 
Au 218, quai du Port, il s’arrête : « Ici, vous aviez un bar, Le Rustique, qui a été le théâtre d’un règlement de compte. » Bilan : trois morts en 1965.
« 60 % des gens qui font le tour sont des Marseillais qui ont vu quelque chose, entendu parlé de quelque chose, etc., explique Mathieu Faureau. Ils sont curieux et en général connaissent tous les noms que je cite. »
 
Sur le Vieux-Port, le guide raconte alors l’histoire du chalutier Caprice des temps repéré par les douanes marseillaises. Le 29 février 1972, il est arraisonné. « C’était un thonier crevettier. Autant vous dire qu’il n’a jamais pêché ni un thon ni une crevette, » lance le guide à son audience hilare. La saisie est record : 425 kg d’héroïne.
 
Mathieu Faureau s’aide de coupures de presse de l’époque pour faire revivre à ses clients des événements. (Photo : Mélinda Trochu)

Mathieu Faureau s’aide de coupures de presse de l’époque pour faire revivre à ses clients des événements. (Photo : Mélinda Trochu)

 

La French Connection, fléau de Nixon

 
Au cœur de la visite, les histoires de la French Connection qui alimentait les États-Unis en héroïne, provoquant des milliers de morts chaque année. Un fléau que Richard Nixon, une fois élu, a promis d’enrayer.
« En 1972, la loi change en France et de cinq agents stup’ à Marseille, on passe à cinquante, explique Mathieu Faureau. À l’époque, flics et gangsters se connaissaient bien. En 1971, il y avait moins d’une cinquantaine d’affaires de drogue. En 1972, cela explose avec 3 016 arrestations. »
 
Au gré de la balade, plusieurs familles sont évoquées, dont les Guérini. « Mémé Guérini était un résistant, un dur à cuire, devenu ami avec Gaston Defferre car ils avaient les mêmes intérêts économiques. » Gaston Defferre fut maire de Marseille pendant plus de 34 ans. Aujourd’hui, Jean-Claude Gaudin l’est depuis 21 ans.
 
Quand on lui demande s’il a reçu des menaces, Mathieu Faureau sourit : « Pas de commentaires. » Il concède : « J’ai essayé de prévenir les familles des gangsters. Et bien sûr, il y a des choses que je ne raconte pas. »
 
S’il s’arrête en 2000, c’est également pour ne parler que d’affaires prescrites et jugées.
« Marseille ce n’est pas plus dangereux qu’ailleurs. Et vous savez, les Marseillais aiment leurs voyous. Cela reste des truands mais il y a un côté sympathique. C’est dingue mais en général les gens ne parlent pas d’eux en mal. »
Les visites durent deux heures. Le « Marseille Gangster Tour » est opérationnel depuis octobre 2015. Environ 500 personnes y ont déjà participé. (Photo : Mélinda Trochu)

Les visites durent deux heures. Le « Marseille Gangster Tour » est opérationnel depuis octobre 2015. Environ 500 personnes y ont déjà participé. (Photo : Mélinda Trochu)

 

Truands célèbres et familles de gangsters

 

Le jeune homme aime raconter des anecdotes comme le fait que la branche marseillaise de FO ait été créée par la CIA ou qu’Alain Delon fréquentait les Guérini. Michèle, une « Marseillaise 100 % » écoute attentivement. Elle a déjà participé au tour 1850-1950. « Je veux approfondir mes connaissances et en voyant les lieux ça devient plus concret. Quand il y a des meurtres à Marseille, ça fait souvent la Une. Mais je ne me sens pas plus en insécurité ici qu’ailleurs ! »

 
Parmi les truands de la cité phocéenne, Milou a décidé de se ranger. Le septuagénaire a passé cinquante ans dans le milieu du grand banditisme corso-marseillais et en a tiré un livre, intitulé Truand. Il attend dans un bar la troupe conduite par Mathieu Faureau. 
Commence alors le récit de son parcours et de ses quinze années de prison.
« Je vais vous raconter une partie de ma vie, celle que je peux vous raconter » sourit-il. « J’ai décroché il y a sept, huit ans. Je ne veux pas justifier mon passé, je ne suis pas un agneau mais il y a une différence entre le milieu d’avant qui a disparu et les racailles d’aujourd’hui. »
Les clients du tour ont parfois la chance de finir la balade dans un bar pour écouter Milou, auteur du livre Truand, sorti en 2015, où il raconte cinquante ans d’expérience dans le milieu du grand banditisme corso-marseillais. (Photo : Mélinda Trochu)

Les clients du tour ont parfois la chance de finir la balade dans un bar pour écouter Milou, auteur du livre Truand, sorti en 2015, où il raconte cinquante ans d’expérience dans le milieu du grand banditisme corso-marseillais. (Photo : Mélinda Trochu)

L’homme cite le juge Michel, explique son code de l’honneur – « On n’agressait pas les vieilles, on n’était pas des violents » – et comment le grand banditisme est avant tout né de la misère. 

« Y’avait une vraie solidarité, on ne piquait pas la came ou l’argent d’un type qui venait d’être mis en prison. Bien sûr, il y a eu des trahisons, bien sûr il y a eu des morts… »
 
Aujourd’hui, le Marseillais né dans le quartier la Belle de Mai reconnaît qu’il faut des policiers et assure n’avoir aucun remords. Il regrette la disparition de son milieu. « Aujourd’hui les jeunes prennent le truc à l’envers. Ils font plein de conneries, ce sont des fadas, des étoiles filantes. À 30 ans, ils sont morts. » Il sourit : « Alors que moi, je connais un truand qui a 86 ans, est milliardaire et décoré de la Légion d’Honneur ! » Définitivement une autre époque.
 
 
 
CORRESPONDANCE, MÉLINDA TROCHU
Lundi 22 Août 2016
l'édition du soir

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My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

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