Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Danièle
Publié dans : #LA GAZETTE DES ARTS, #LA DANSE..., #CULTURE ET POESIE...

16 juin 1961. Rudolf Noureïev échappe au KGB au Bourget, juste avant d'embarquer pour Moscou.

Le danseur demande l'asile politique à la France grâce à Clara Saint l'ex-fiancée du fils de Malraux.

 

 

Jamais aucun bond de Nijinski n'a égalé celui que fait Rudolf Noureïev le 16 juin 1961 pour se réfugier dans les bras de deux policiers français. Un bond qui le fait passer à l'Ouest, un bond qui le sort des griffes de l'Ours soviétique.
 
Rudolf Hametovitch Noureïev en 1961, année où il demande l'asile politique.
 
 
Pourtant, rien n'a été prémédité par le jeune Tatar de 23 ans, l'étoile du Kirov. Le matin même, en faisant ses bagages, il ignorait encore que son destin allait brutalement basculer dans la journée. Il pensait qu'il allait s'envoler avec le reste de la troupe du Kirov pour Londres, la prochaine étape de leur tournée européenne. 
 
À l'aéroport du Bourget, deux Russes s'approchent de Noureïev pour lui apprendre qu'il n'accompagnera pas ses camarades en Angleterre et qu'il doit prendre un avion pour Moscou afin de se rendre au chevet de sa maman malade.
Il suffit d'une seconde au danseur pour comprendre que ce n'est qu'un prétexte. Les autorités soviétiques veulent le réencager en URSS pour le punir de son indiscipline parisienne. Pour le punir d'avoir fréquenté des étrangers malgré les consignes. Pour le punir de son indépendance.
Du reste, si les Soviétiques l'ont autorisé à sortir du pays, c'est uniquement parce que le danseur étoile du Kirov s'était blessé quelque temps avant le départ. 
 

Intercepté par deux agents du KGB


Bref, à Paris, Noureïev n'en a fait, comme à son habitude, qu'à sa tête, grisé par le vent de la liberté. Il n'a cessé de sortir avec ses nouveaux amis français, dont le danseur Pierre Lacotte et Clara Saint.
Cette dernière était la fiancée de Vincent, fils d'André Malraux, qui vient de mourir dans un accident de voiture avec son frère. C'est parce que les Soviétiques craignent la désertion de leur danseur étoile qu'ils programment son rapatriement.
En entendant la consigne des deux sbires du KGB, Noureïev est effondré. Pierre Lacotte raconte :
"Il s'est jeté sur moi en me disant : On vient de me parler, c'est terrible, c'est fini... On me renvoie en Union soviétique. Plus jamais je ne danserai ! Sauve-moi ! Je vais terminer en Sibérie... Il parlait doucement pour qu'on ne l'entende pas, mais ses mots étaient d'une telle violence que j'avais l'impression qu'il hurlait. Je ne savais pas comment le calmer."
 
Le danseur français ne sait pas comment aider son ami. Si, il a une idée : prévenir Clara Saint. Comme future ex-belle-fille du ministre de la Culture, elle saura quoi faire.
Surveillé lui aussi du coin de l'oeil par les agents du KGB, Lacotte écrit le nom et le numéro de téléphone de la jeune femme sur un morceau de papier qu'il parvient à glisser à un inconnu. Commence alors une longue attente pour les deux hommes. Va-t-elle venir ? La voilà ! Repérant Rudolf assis au bar de l'aéroport, elle se précipite sur lui. Les deux agents du KGB l'interceptent, mais, jouant de son charme, elle arrive à les amadouer en leur faisant comprendre qu'elle est venue faire un dernier adieu à son ami. 
 

Un dernier baiser


Clara et Noureïev échangent rapidement quelques mots en anglais :
"Je veux rester là. S'il te plaît, aide-moi !"
Elle s'inquiète :
"Es-tu sûr ?"
"Yes, I'm sure."
En arrivant au Bourget, Clara avait repéré une antenne de la police française à l'étage supérieur, elle y court. Elle interpelle un policier qui s'y trouve :
"Il y a en bas deux gardes du KGB qui veulent ramener de force un danseur du Kirov dans son pays, alors qu'il ne le veut pas."
Son interlocuteur se méfie :
"Êtes-vous sûre de ce que vous dites ? C'est vraiment un danseur ? Vous êtes certaine que ce n'est pas un scientifique ?"
Elle insiste :
"Oui, oui, sûre. Je le connais."
Après s'être laissé convaincre, le fonctionnaire explique à Clara :
"Nous ne pouvons pas aller le chercher. Il doit venir vers nous. Débrouillez-vous pour l'isoler et lui expliquer tout cela. Nous vous rejoignons au bar."

Aussitôt, Clara court rejoindre Noureïev. Son coeur bat la chamade. Jamais elle n'aurait pensé être l'héroïne d'un roman d'espionnage. Pas de faux pas, ou son ami disparaîtra à jamais. Les agents du KGB ne voient pas pourquoi elle revient. Ils veulent l'écarter, mais elle leur fait comprendre qu'elle souhaite faire un dernier baiser à Noureïev.
Da ! Elle se penche vers son ami et lui souffle :
"Regarde les deux policiers accoudés au bar. Tu vas vers eux et tu leur dis que tu veux rester ici."
Tout en l'embrassant, il s'enquiert, angoissé :
"Tu crois vraiment ?"
"Oui, j'en suis sûre."
 

Haute trahison


Clara s'éloigne. Il se rassoit. Vite, il n'a plus que quelques secondes pour agir. Il a peur. Cela ne marchera jamais. Soudain, il se décide. Rudolf bondit sur ses pieds et s'enfuit à toutes jambes vers les deux policiers. Ses deux anges gardiens sont pris de vitesse. Déjà le danseur interpelle les deux Français :
"I want to stay in France! I want to stay in France!"
 
Noureïev tremble de tous ses membres. Il voit les deux armoires à glace du KGB se précipiter sur lui, tenter de le saisir ; en russe, ils crient à l'enlèvement, mais les deux policiers français ne se laissent pas impressionner. 
Ils entraînent l'étoile du Kirov, blême, dans une pièce pour lui demander de bien réfléchir à sa décision. Puis ils sortent en le laissant seul.
Durant vingt minutes, Noureïev hésite.
S'il pousse la porte par laquelle il est entré, il est récupéré par les deux Soviétiques avec aucun autre espoir de sortir de Russie.
S'il pousse l'autre porte derrière laquelle l'attendent les deux Français, c'est la liberté, mais aussi la perte à jamais de sa mère, de sa patrie, de sa jeunesse.
Il a quelques minutes pour choisir entre deux avenirs, deux destins. La suite de l'histoire est connue.
 
Rudolf Noureïev choisit la liberté. Il rejoint les deux policiers français. L'Union soviétique le condamne par contumace à sept ans de prison pour haute trahison. Mais lui s'en fiche, il est libre de danser à Paris, à Londres, et sur toutes les scènes du monde. 
 
 
 
Source article :
Frédéic LEWINO & Gwendoline  Dos SANTOS
 Le Point.fr
 

Rudolf NOUREEV

17 MARS 1938 / 6 JANVIER 1993

Rudolf Noureev a transformé la danse classique. Il a donné une place centrale au danseur masculin, dont le corps androgyne se confond désormais avec celui de sa partenaire. Il a imposé la souplesse et la finesse comme canons du corps de celui-ci.

 

Jeunesse en Russie de Rudolf Noureev

 

Rien dans ses origines, sa naissance ou bien son enfance ne permettait de prédire à Rudolf Noureev une telle destinée. 
 
Cadet de quatre enfants, il était le seul garçon. Il passe son enfance et sa jeunesse à Oufa, capitale de la République soviétique de Bachkirie. Ses parents sont des tartares musulmans. 
Son père, Hamet, profitant des possibilités que la Révolution Russe avait créées pour le peuple devint ainsi instructeur politique de l'Armée rouge où il obtint le grade de major.
La mère de Rudolf , Farida, voyageait en train avec ses filles pour rejoindre son mari lorsque son fils naquit prématurément à bord du Transsibérien, quelque part près du Lac Baïkal.
 
La date officielle de sa naissance est le 17 mars 1938, mais elle se situe probablement deux ou trois jours plus tôt.
 
Contre l'avis de son père, il pratique la danse folklorique et prend des cours de danse classique au théâtre de Oufa.
Rudolf  ne garda aucun souvenir de son père avant que ce dernier ne rentre de l'armée en 1946.

 

Rudolf Noureev au Kirov

 

A l'âge de 15 ans, Rudolf commença à faire de la figuration dans les spectacles du théâtre de la ville, ce qui lui rapporta un faible revenu et lui permit de prendre les classes avec la compagnie.
Il progressa et put danser dans le corps de ballet, et lorsque la troupe fut invitée pour une tournée de dix jours à Moscou, il put en faire partie, remplaçant au pied levé un danseur blessé dans un solo de danse de caractère. 
 
 

Les grandes dates de la vie de Rudolf Noureev

 

 
1945 : L’APPEL
Noureev n’a que sept ans lorsque sa vocation pour la danse lui vient, lors d’une représentation du "Chant des cigognes", en 1945. Il commence alors son apprentissage, entre danses folkloriques et ballets.
 
 
24 AOÛT 1955 : FAIRE DE LA DANSE UN MÉTIER
A 17 ans, Noureev passe avec succès les auditions au théâtre du Bolchoï mais, faute d’internat – et d’argent -, il est contraint d’y renoncer. Il intègre finalement la prestigieuse École de danse Vaganova de Leningrad qui l’accueille avec ce commentaire glacial :
« Soit vous serez un danseur extraordinaire soit le modèle des ratés - et plus probablement le modèle des ratés. »
Cependant, Il y trouvera son professeur d’élection, Alexandre Pouchkine.
 
 
 
1958 : LE KIROV
Les jeunes russes talentueux intègrent le Kirov dès l’âge de 10 ans. Alors, pour Noureev, y entrer à 17 ans relève de la gageure.
A ses débuts, son style mal dégrossi détonne ; son indiscipline aussi… Arborer le maillot réservé aux danseurs masculins ? Impensable. Noureev portera des collants. Une pratique qui deviendra la norme dans la danse contemporaine.
 
Pour le spectacle de fin d’études de l’École, Rudolf Noureev danse le pas de deux du "Corsaire", avec Alla Sizova.
Il entre directement comme soliste dans la compagnie de Ballet du Théâtre du Kirov (ex-Théâtre Mariinsky) de Leningrad, première compagnie de danse de l’URSS.
28 octobre. Débuts au Kirov, dans le pas de trois du "Lac des cygnes". Au fil de ses apparitions sur scène, Rudolf Noureev devient une des idoles du public.

 

RÉVOLUTIONNER LA DANSE
Noureev progresse vite et bouscule les conventions. Sur scène, il affiche parfois un masque de douleur face à des spectateurs habitués aux visages de cire.
Montrer l’effort du danseur ? Cela ne s’était jamais vu. Sa silhouette féline et céleste se confond avec celle de sa partenaire et tranche avec les statures massives des danseurs masculins en vogue à l’époque.
 
Rudolf Noureev en 1960.
Photo Michael Ochs Archives

 

1961
Tournée du Ballet du Kirov à Paris. Le succès de Rudolf Noureev est foudroyant dès sa première apparition sur la scène du Palais Garnier, le 19 mai, dans l’acte des Ombres de "La Bayadère".
 
16 JUIN 1961 : CAP À L’OUEST
Le destin du danseur bascule lors d’une tournée européenne du Kirov. Noureev l’insoumis, qui refuse de signaler au KGB (les services secrets russes) ses déplacements à Paris, est séparé des autres danseurs à l’aéroport du Bourget.
Il craint d’être ramené de force à Moscou, emprisonné ou envoyé dans une compagnie de danse secondaire et interdit de tournée mondiale.
Noureev “choisit la liberté” et demande le droit d’asile à l’aéroport du Bourget, alors qu’il doit embarquer à bord d’un avion qui le ramènera en URSS. 
S’en suit une scène digne d’un roman d’espionnage...
 
 
La justice russe condamnera Noureev par contumace à 7 ans de prison pour haute trahison. Son existence sera effacée de tous les livres de danse classique du pays.
Sa famille et ses amis seront interrogés par le KGB, l’un d’entre eux sera même expulsé de l’université et interdit de voyage à l’Ouest durant 30 ans. Les sympathisants parisiens au régime recevront même l’ordre de lui jeter des projectiles lors de ses apparitions sur scène.
 
Il est engagé dans les Ballets du Marquis de Cuevas dès le lendemain. Rencontre décisive avec Erik Bruhn, danseur Étoile du Ballet Royal du Danemark.
 
Rudolf Noureev le 22 juin 1961, lors d'une interview au théâtre des
Champs-Élysées, à Paris.
Photo Keystone / Getty Images
 
 
L’HOMME DE SA VIE
En 1961, Noureev se rend à Copenhague pour rencontrer son idole, Erik Bruhn, danseur étoile du ballet Royal du Danemark. Il deviendra son amant et le grand amour de sa vie.
 
Erik Bruhn en 1951 pour le Ballet royal danois.
Photo Baron / Getty Images

 

Tous deux sont invités comme danseurs vedettes au Royal Ballet de Londres l’année suivante.
Pour Noureev, Erik Bruhn incarne l’idéal de noblesse du danseur classique quand Bruhn admire la liberté - flirtant avec la perte de contrôle - de Noureev.
Mais cette admiration réciproque se transformera rapidement chez Bruhn en jalousie. La rupture sera consommée deux ans plus tard.  Les deux danseurs resteront toutefois très liés durant 25 ans, collaborant à de nombreux ballets.
 
Bruhn, qui mourra en 1986, décrivit ainsi sa relation avec Noureev (*) :
« Rudik et moi, ce fut comme la collision de deux comètes qui explosent. L'explosion ne pouvait pas durer (…). Avec lui, ce fut intense, orageux et souvent très, très beau. J'ai sûrement fait beaucoup de choses qui lui ont fait mal ou qui l'ont mis en colère. Mais il a été pareil avec moi. »
 
(*) Noureev, l’insoumis, Ariane Dolfus, Flammarion.
 

 

JANVIER 1962 : LE RENDEZ-VOUS MANQUÉ
Rudolf Noureev rencontre George Balanchine, son compatriote russe - naturalisé américain - qui dirige le New York City Ballet.
Il lui dit son désir de travailler à ses côtés… durant quelques mois. Mais Balanchine ne veut pas de « stars » dans sa compagnie. Choqué par la désinvolture de Noureev, il refuse et lui lance :
« Continuez à danser vos princes, et quand vous en serez fatigué, revenez me voir. »
 

21 FEVRIER 1662 : LA COMPLICITÉ ARTISTIQUE

Avec "Gisèle", Noureev et Margot Fonteyn dansent pour la première fois ensemble au sein du Royal Ballet de Londres, le 21 février 1962. 
A 42 ans, la danseuse étoile a beaucoup hésité avant d’apparaître au côté du jeune homme flamboyant de 23 ans.
 
Leur duo, fondé sur une solide amitié, contribuera à populariser la danse au cours des années 60.
 

Margot Fonteyn et Rudolf Noureev.
 Photo Keystone USA / Visual Press Agency

 

 

 

12 MARS 1963
Création de "Marguerite et Armand", chorégraphie de Frederick Ashton pour Margot Fonteyn et Rudolf Noureev ; ce sera leur ballet fétiche.
 
27 novembre 1963 
Rudolf Noureev remonte pour la première fois une chorégraphie de Marius Petipa, l’acte des Ombres de "La Bayadère", pour le Royal Ballet.
Sa carrière est rapidement internationale.
Il danse en Étoile invitée avec toutes les grandes compagnies de ballet en Europe, aux États-Unis, fantastique interprète aussi bien des princes du répertoire que des créations de Frederick Ashton, Rudi Van Dantzig, Roland Petit, Maurice Béjart, George Balanchine, Glen Tetley, Martha Graham ou Murray Louis.
Il remonte également les grands ballets du répertoire chorégraphiés à la fin du XIXe siècle en Russie par Marius Petipa :
"La Belle au bois dormant", "Casse-Noisette", "Don Quichotte", "Le Lac des cygnes", "Raymonda".
Il crée "Tancrède", "Manfred".
 

 

 

 

 

 

Avec Margoy Fonteyn dans 'Marguerite et Armand'

 

 

 

Rudolf Noureev et Svetlana Beriosova, le 16 août 1963.
Photo NBC / NBC via Getty Images

 

Rudolf Noureev en 1964.
Photo Imagno / Getty Images

 

 
1965 : L'EGO D'UNE STAR
Rudolf Noureev danse le Pas de deux du "Corsaire" avec Margot Fonteyn et le Royal Ballet.
Ce duo de stars éclipse le reste de la compagnie au point de provoquer un exode d’une partie des jeunes danseurs. Auteur de la biographie 'Noureev: La vie', Julie Kavanagh raconte que le danseur n’hésitait pas à modifier les chorégraphies pour occuper la scène plus longtemps…
Mais le Royal Ballet finira par lui donner moins d’engagements, soucieux de ne pas perdre ses jeunes talents.
 
DECEMBRE 1966 : LA MORT
Rudolf Noureev tourne dans le film "Le jeune homme et la mort", d’après la pièce de Jean Cocteau chorégraphiée par Roland Petit.
 
 
Rudolf Noureev sur le plateau du Jeune Homme et la Mort, avec Roland Petit,
en décembre 1966.
Photo Juergen Vollmer / Redferns

 

Rudolf Noureev sur le tournage du Jeune Homme et la Mort, à Paris,
en décembre 1966.
Photo Juergen Vollmer / Redferns
 
 
Rudolf Noureev sur le plateau du Jeune Homme et La Mort, en décembre 1966 à Paris.
Photo Juergen Vollmer / Redferns
 
 
Rudolf Noureev à Paris, en décembre 1966.
Photo Juergen Vollmer / Redferns

 

ANNÉES 1970 : LA DIVA

Ballet de l’Opéra de Berlin, Vienne, du Canada… Noureev multiplie les collaborations avec des compagnies plus modestes. Elles profitent de la notoriété de la star, supportent ses colères légendaires et, en retour, lui permettent d’occuper les rôles principaux dévolus normalement à de plus jeunes danseurs.
Mais les coûts exorbitants de mise en scène de ballets comme "Cendrillon " ou "La Belle au bois dormant" amènent plusieurs d’entre elles au bord de la faillite.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Rudolf Noureev à Zurich, Suisse.
Photo Rene Burri / Magnum Photos
 
 
Rudolf Noureev à Zurich, Suisse.
Photo Rene Burri / Magnum Photos

 

Rudolf Noureev et Carolyn Carlson, dans Tristan, à l'Opéra de Paris, le 12 novembre 1974.
Photo RDA / Getty Images
 
 
Rudolf Noureev interprétant Apollon, de Balanchine, au théâtre Uris,
à New York, le 25 janvier 1975.
Photo Linda Vartoogian / Getty Images
 
Rudolf Noureev sur la scène du théâtre Uris, à New York, le 25 janvier 1975, dans l’Auréole de Paul Taylor.
Photo Jean Gaumy / Magnum Photos

 

circa 1977 : Rudolf Noureev , sur scène dans La Belle au Bois Dormant.
Photo Central Press / Getty Images

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Rudolf Noureev,
le 20 juin 1977, au Coliseum Theatre, à Londres.
Photo Keystone / Getty Images
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

18 OCTOBRE 1977 : MISS PIGGY

Noureev accède au rang de star planétaire en apparaissant comme invité spécial dans Le Muppet Show.
Il danse avec un cocasse cochon-ballerine et chante en duo sur Baby, it’s cold outside avec la gracieuse Miss Piggy. Une mode est née :
désormais, les célébrités se bousculeront pour apparaître au côté des marionnettes du Show.
 
Rudolf Noureev dans le Muppet Show le 18 octobre 1977.
Photo T.C.D. / VISUAL Press Agency
 
 
8 AVRIL 1979 : LE BOURGEOIS
"Le Bourgeois gentilhomme" présenté à New York le 8 Avril 1979, sera l’unique collaboration artistique entre Noureev et George Balanchine.
Mais les meurtrissures corporelles du danseur, causées par d’interminables tournées, laisseront à l’événement un goût d’inachevé.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pied de Noureev, Zurich, Suisse, 1981.
Photo Rene Burri / Magnum Photos

 


 

 

 
 
 
 
 
 
1984 : LA MALADIE
Rudolf Noureev découvre qu’il est atteint du virus du Sida. Jusqu’à sa mort, il cachera tant bien que mal la nature de sa maladie, continuant à se produire sur scène en dépit de sa faiblesse physique.
Il expérimentera toutes sortes de traitements alternatifs et ira jusqu’à danser avec un cathéter caché dans son costume.
 
 
1983 - 1989 : LA CONSÉCRATION
Rudolf Noureev devient directeur artistique du ballet de l’Opéra de Paris. Il y apporte immédiatement une touche de modernité et de scandale en engageant des professeurs de danse moderne au sein de la vieille institution.
Il transforme le répertoire classique russe, notamment dans sa mise en scène du "Lac des cygnes", en le libérant de ses figures imposées. Noureev ira jusqu’à briser la mâchoire d’un professeur rétif à sa révolution de ballet.
Mais en 1989, le nouveau directeur général de l’Opéra de Paris exige de Noureev qu’il renonce à ses engagements extérieurs pour se consacrer uniquement à sa fonction de directeur artistique. Il passe outre et signe un contrat de trois ans pour jouer "Le Roi et moi" en tournée aux États-Unis et au Canada.
Ses fonctions à l’Opéra de Paris prennent fin en 1990.
 
1983 :
Entrée en fonction de Rudolf Noureev comme directeur de la danse de l’Opéra de Paris, poste qu’il occupera jusqu’en 1989. Il y revivifie la compagnie, invite de nombreux chorégraphes contemporains et des professeurs, crée "Cendrillon", "Washington Square"...

 

Cendrillon

 

1989 : RETOUR AU KIROV
À 51 ans, muni d’une autorisation spéciale du KGB, Noureev fait son grand retour sur la scène du Kirov où il n’était pas retourné depuis 1961, après vingt-huit ans d’exil.
Il est engagé pour interpréter un jeune homme, Albretch dans "Gisèle", alors qu’il souhaitait un rôle plus en adéquation avec son âge.
Affaibli par le Sida, Noureev souffre terriblement sur scène, à tel point que des amis, peinés, quitteront la salle après le premier acte.
 
 
Il peut revoir sa mère et les membres de sa famille.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
1990
Il participe à la comédie musicale "The King and I" aux États-Unis.
Il danse encore une fois en 1990 "Le Chant du Compagnon errant" au Palais Garnier et se consacre à la direction d'orchestre.
 

 

Rudolf Noureev le 11 février 1991 au Lincoln Center de Neww York.
Photo Ron Galella / WireImage

 

 
8 OCTOBRE 1992 : LES DERNIERS HONNEURS
Pour la première représentation au Palais Garnier de "La Bayadère", remontée par Noureev d’après Marius Petipa, le danseur est fait Commandeur des Arts et Lettres par Jack Lang.

 

Nureyev dancing Solor in La Bayadère 
Music : Ludwig Minkus - Choreography : Ruldof Nureyev after Marius Petipa
 

 

6 JANVIER 1993 : LA FIN

Rudolf Noureev meurt le 6 janvier 1993  à l’âge de 54 ans, à l’hôpital du Perpétuel Secours à Levallois-Perret.
Suivant sa volonté, il est enterré au cimetière russe de Sainte-Geneviève des bois, en région parisienne.
 

 

L’HERITAGE
Noureev meurt riche.
En 1990, chacune de ses apparitions sur scène est payée 20 000 dollars.
Il possède un appartement quai Voltaire à Paris, un à New York, une maison à La Turbie, un ranch à Richmond, une villa à Saint-Barth, entre autres.
 
Il laisse des sommes conséquentes à ses fondations. Une façon de contourner la grande terreur de Noureev : le fisc.
Après sa mort, le fisc français, sa famille et les différentes fondations vont se disputer la fortune du danseur.
Après une mise sous séquestre de ses biens, la fondation européenne acceptera finalement de prendre en charge sa famille, jusqu’à la dernière héritière nommée dans son testament.
La fondation américaine refusera de participer.
 
 
 
 
Source texte  :
Vanity Fair  & Fondation Noureev
Source images :
Vanity Fair et  images du Net
 

 

 
 
 
 

Commenter cet article

My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

Articles récents

 

 

 

Hébergé par Overblog