Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Danièle
Publié dans : #HISTOIRE, #RETROMANIA, #CULTURE ET POESIE...

C’est l’une des pages les moins connues de la Seconde Guerre mondiale. Romantique et sanglante, elle met en scène quelques centaines d’engagés volontaires dans la France libre venus du Pacifique. Parmi eux, André Salvat, 22 ans à Bir Hakeim, l’un des premiers compagnons.

 

Guitare et voix d'hommes. De Tahiti ou Nouméa jusqu'au désert libyen, les hommes du bataillon du Pacifique ne cesseront de chanter, avant de se battre très courageusement. Photo © DR
 
 
Après septembre 1939, dans les quartiers réservés de Tahiti, l’entrée en guerre de la France avait à peine interrompu les concours de cuites au Picon-bière entre les officiers en résidence et les médecins militaires.
Puis un sentiment de résistance était né peu à peu, à mesure que les Allemands envahissaient la métropole.
Le 15 juin 1940, deux jours avant la demande d’armistice formulée par Pétain, naissait à Papeete un Comité pour une souscription publique en faveur de la défense nationale. Tahiti, qui avait déjà envoyé un bataillon pour participer à la Grande Guerre, voulait à nouveau se montrer à la hauteur.
 
C’est l’appel lancé le 18 juin par de Gaulle depuis Londres qui va faire se lever la première vague de volontaires dans les îles et les atolls. Le premier à fédérer ces bonnes volontés est le capitaine Félix Broche, arrivé en Océanie un an plus tôt.
À 35 ans, le commandant de la compagnie autonome d’infanterie de marine est adoré par ses troupes, prêtes à le suivre quand il déclare :
« Qu’importe un nom, qu’importe une figure ! Il ne s’agit que de considérer la valeur morale et spirituelle d’un homme, son courage, sa volonté. Et de Gaulle a une voix qui ne trompe pas. »
 
Comme partout, la colonie est partagée. Personne ne connaît de Gaulle et la fidélité au maréchal Pétain est encore grande. Deux jours après la signature de l’armistice, prudent, le gouverneur Chastenet de Géry déclare :
 
« Nous ne sommes disposés ni à renoncer ni à abdiquer. Nous sommes tous prêts aux sacrifices nécessaires. » Mais il ne dit pas derrière qui !
 
Du côté des volontaires, il s’agit bien de “pauvres forces”. Les Tahitiens, qui s’engagent avec le plus de détermination derrière le capitaine Broche, n’ont ni armes ni munitions mais tiennent sous les cocotiers le même discours que le Général à Londres.
Eux ne sont ni vaincus ni captifs et les territoires français sur lesquels le soleil ne se couche jamais ont encore bien des ressources. Alors que les vivres commencent à manquer, les voici qui colportent le slogan “De Gaulle farine, Pétain famine”, dans l’idée de grossir sur place les rangs de la France libre.
Début septembre, un hâtif plébiscite range 5 564 Tahitiens derrière le Général et 18 dans le camp du Maréchal, soutenu à Tahiti par le navigateur Alain Gerbault.
 
Quand les 300 Tahitiens — short de drap et chemise kaki fournis par les Britanniques — embarquent, le 21 avril 1941, à bord du Monowaï, la musique entonne le Te Mauruuru, un chant d’adieu local, puis la Marseillaise. Celui qu’ils appellent le metua (le père) a déjà été envoyé par de Gaulle en Nouvelle-Calédonie comme commandant supérieur des troupes de l’océan Pacifique. Mais avant son départ, Broche a obtenu le feu vert de Londres pour former un corps expéditionnaire français du Pacifique, fort d’un millier d’hommes et dont les Tahitiens seront les piliers avec les Calédoniens.
« Rassurez-vous, a dit Broche aux plus perplexes, sous son apparence indolente, le Maori est un guerrier. »
 
À bord, les Tahitiens n’ont pas d’armes. Celles qu’ils arboraient pour traverser Papeete à pied avant d’embarquer leur avaient été prêtées !
Alors, ils ont emporté leur guitare et, pendant la traversée jusqu’à Nouméa, ils ne cesseront de jouer de la musique et de chanter, ce qui conduira les Britanniques à surnommer leur unité le “bataillon des guitaristes”.
Aucun ne voit la fin d’une vie heureuse. En riant, ils composent un hymne martial :
 
« C’est nous qui sommes les gaullistes, / Les Français libres, / Nous suivons toutes les pistes, / C’est nous qui sommes les gaullistes, / Les Français libres, / Ve nus du Pacifique ! »
 
À Nouméa, de nouveau sous le commandement du capitaine Broche, les Tahitiens vont former avec leurs camarades volontaires de Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides le bientôt célèbre bataillon du Pacifique (BP1), dont les 550 hommes vont être entraînés pendant quarante-cinq jours en Australie puis cinq mois près de Tel-Aviv avant d’être jetés dans les combats qui se déroulent en Libye.
Sur le Queen-Elizabeth, entre Sydney et Suez, il a même fallu donner des cours de français aux illettrés !
 
« Le bataillon est merveilleux et je suis de plus en plus heureux d’en être le chef », déclare Broche, devenu chef de bataillon...
 
 
 
 
 
 
Valeurs Actuelles - Histoire
Vendredi 25 Juillet 2014 à 13:01
(mis à jour le 25/07/2014 à 15:22)

Commenter cet article

My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

Articles récents

 

 

 

Hébergé par Overblog