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La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Danièle
Publié dans : #RETROMANIA, #CULTURE ET POESIE..., #HISTOIRE

Le Figaro vous propose une sélection des lettres de combattants parues dans ses colonnes entre 1914 et 1916. Ces derniers extraits republiés évoquent les combats aériens.

Lorsque la première guerre mondiale éclate en 1914, l'aviation militaire est naissante. Si l'Armée s'intéresse aux aéroplanes depuis 1892, c'est en 1909, année de la traversée de la Manche par Louis Blériot que le Ministère de la Guerre lance le premier achat d'avions. Le brevet de pilote à titre militaire est institué en 1911 tandis qu'une loi votée en mars 1912 organise, au sein de l'Armée française, l'aéronautique militaire.

Les premiers mois du conflit, les avions, encore techniquement limités, sont cantonnés aux missions de reconnaissance. Ils sont bien vite perfectionnés et utilisés pour les bombardements d'abord diurnes puis nocturnes. L'aviation de chasse s'organise plus tardivement: les premiers combats aériens se font avec des armes de poing mais la compétition technologique entre les belligérants permet la conception rapide de nouveaux appareils équipés de systèmes de tir perfectionnés tels que les mitrailleuses synchronisées avec les hélices.

Les écoles de pilotage, fermées au début de la guerre, sont rouvertes et les écoles privées civiles sont mises à contribution pour former toujours plus de pilotes. La demande de production d'appareils s'intensifie auprès des constructeurs que sont Morane Saulnier, Maurice Farman, Caudron et Voisin.

Devenue une arme à part entière, l'aéronautique française gagnera sa réelle indépendance le 1er avril 1933 grâce au décret qui porte la création de trois armes: Air, Terre, Mer.

Source: «L'Aéronautique militaire dans la Grande Guerre: vers l'institutionnalisation» de Marie-Catherine Dubreil-Villatoux, in «Archives de l'Aéronautique militaire de la Première Guerre Mondiale», Service Historique de la Défense.


 

Article paru dans le Figaro du 31 mai 1916

Un aviateur: « Il m'arrive un coup épatant, j'ai descendu un Boche.» (1916)

Avion biplan français avec mitraillette pendant la Grande Guerre. Crédits photo : Rue des Archives/PVDE

 

Un de nos jeunes amis, aviateur, a reçu d'un de ses camarades cette lettre écrite avec la simplicité d'un jeune homme qui ne sort pas des grandes écoles, mais qui commente son premier combat avec une précision émouvante à laquelle nous nous serions fait scrupule de rien changer.

 

C..., 19 mai 1916. ,

Mon cher, figure-toi qu'il m'arrive un coup épatant: j'ai descendu un Boche. Oui, c'est vrai. Tu n'en reviens pas, moi non plus, je me demande comment j'ai fait mon compte. C'est de la veine; mais que je te raconte:

Je venais de finir ma croisière matinale avec un mitrailleur, naturellement, je n'ai rien vu (on ne rencontre jamais rien), je suis descendu, et une heure après il y a F.-B. qui veut que je l'emmène sur mon ... [texte censuré*] j'étais pas commandé, j'hésitais, mais il a gagné, et nous voilà partis. On arrive à ...[texte censuré*] à 2.700 mètres, puis il me montre une direction, il me fait voir un, deux, puis aussitôt trois avions boches qui faisaient du réglage sur le ... [texte censuré*].

 

On fonce comme un zèbre sur celui qui était le plus bas, et il se barre vers ses lignes; pendant ce temps, l'autre nous piquait dessus et faisait un grand virage, il se trouvait derrière nous. Tout à coup, B... se lève comme un diable et, faisant des gestes désespérés, me le montre, car je ne le voyais pas, et au même moment j'entends derrière moi une bordée de cartouches (je te recommande cette sensation-là, c'est absolument affolant de sentir une mitrailleuse qui t'arrose par derrière à 30 mètres); alors j'ai viré, moi qu'est pas cherreur (1), je t'assure que je l'ai retourné, mais j'ai trop cabré, il a glissé, j'ai coupé, j'ai fait, j'ai fait... je ne sais pas; bref, je me suis trouvé face à lui, et B... a tiré, puis comme il voulait tout le temps me prendre par derrière (c'est bien le procédé boche, ça), mais (j'allais mettre une sottise) je tournais toujours, mais tout à coup il a piqué et je ne sais (si, maintenant, mais pas sur le coup) où il a été, car le deuxième qui arrivait à la rescousse s'est mis à arroser, alors on l'a chargé avec fureur et il les a mis.

J'ai voulu savoir ce qu'était devenu le premier, et j'ai laissé se barrer l'autre. J'ai tourné encore quinze à vingt minutes au-dessus, puis je suis revenu, j'atterris, et je vois tout le monde qui nous entoure, qui félicite B... et moi, et qui pousse des exclamations en voyant que j'avais été touché (pas moi, le zinc), j'avais quinze trous de balles (au rabiot), un câble de gouvernail de direction coupé, entre mes pieds un longeron de fuselage, aussi, bref de tous les côtés. Tu parles que je suis verni, mais je ne savais pas que l'autre était tombé, ce sont les observateurs d'artillerie qui l'ont téléphoné, on croyait que c'était en France, on y a filé en auto, mais il est tombé en feu, paraît-il, à deux ou trois kilomètres des tranchées, chez les Boches; c'est la poisse.

 

Georges Guynemer, un as de l'aviation à bord de son Lieuport 10 en 1915. Crédits photo : Rue des Archives/RDA

 

Tu parles si F.-B... et moi sommes à la mode ici; y paraît que c'est le premier Boche descendu par des pilotes de C..., mais je pense que les ... [texte censuré *] n'ont pas encore descendu de Boches, je ne sais pas. Ce jour mémorable fut le 17 mai (ça fera époque pour moi). Mais tu sais c'est bien de la veine, secondée par B... Il est épatant, il se démenait dans le sabot, je me disais: il va se faire débarquer; tout debout, il regardait par-dessus le plan toutes les fantaisies que faisait l'autre. C'était un petit aviatik assez semblable aux nieuports (23 m. 110 HP, mais avec un moteur fixe) (2).

Je t'envoie le communiqué qui me concerne et te serre bien la main, te souhaite une pareille chance, ainsi qu'à P...

La balle qui a coupé le câble de gouvernail entre mes jambes, à côté de la cloche, est ressortie par-dessus le fuselage.

 

* Depuis la loi du 5 août 1914 rétablissant la censure, le Ministère de la Guerre contrôle les articles avant leur parution. Lorsque le journal est déjà parti à l'imprimerie, le cliché est gratté et les «blancs» correspondant aux passages censurés sont toujours visibles dans l'article.

(1) Pilote habile, as de l'aviation

(2) Avion d'observation et de combat construit par la société éponyme


 

Article paru dans le Figaro du 30 août 1915

 

Mon cher papa,

...Six heures. Nous allons voir l'atterrissage. Le cinquième paraît gros comme une sauterelle. Il glisse, évolue, descend la pente invisible. Que de temps le pilote met à descendre! On dirait qu'il s'est enchevêtré dans les fils de fer! Il est très pâle, mais très calme. «Portez un brancard!»

D'une seule poussée les assistants ont formé un cercle autour de l'aéro dont l'hélice envoie encore de la poussière.

Un corps penche, et un filet rouge coule, se découpe en gouttelettes fines. Le brancard arrive. C'est une véritable Descente de croix. Le corps est mou et s'accroche. La tête retombe. «Quelqu'un à la tête!» La mâchoire est fracassée. Tout le monde se découvre!

Au fond, la musique militaire joue à son heure habituelle, avec un entrain endiablé. Le soir est calme comme s'il ne se passait rien, et le soleil n'en finit pas de tomber.

 

Les ailes sont toutes trouées comme si elles avaient passé à travers les étoiles, et l'avion est rouge comme s'il avait trainé sur le soleil. Et l'avion pourtant ne porte que deux petits trous ronds à l'arrière. La mort est entrée par là. Allons donc!

Le pilote est remonté; il faut rentrer l'appareil. Il a deux balles dans la main gauche. Il ne veut pas s'en aller avant que son appareil soit à l'abri.

Voici les autres. Ils ne sont pas pressés. Ils tournent, tournent comme pour une fête; peut-être pour interroger l'âme qui monte. Et à mesure qu'ils descendent, et qu'ils apprennent, ils deviennent pâles.

Et puis, en voici un tout seul, comme l'oiseau de proie qui sent la mort; c'est le Boche!

Le mort est là! Mais vite, roulant sur le sol, devant les hangars, les nôtres sont repartis montant ensemble, et lentement, mais à tire-d'aile, avant qu'ils soient en ligne, le Boche est parti. Le ciel est libre pour les étoiles.

Georges X...


Vidéo - 14-18, le développement d'une nouvelle arme: l'aviation

L'aviation, qui s'est considérablement développée, constitue une arme essentielle en 1918 : à Nieuport, des officiers et civils inspectent une base aérienne tandis qu'une caméra embarquée sur un avion permet de suivre plusieurs missions aériennes. Type de média : Vidéo Date de diffusion : 01 janvier 1918 Source : Pathé

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My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

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