Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Danièle
Publié dans : #RETROMANIA, #HISTOIRE, #CULTURE ET POESIE..., #MODE-COUTURIERS & MODISTES

LES PARISIENNES (2/4) - Retrouvons des extraits de chroniques mode parues dans le Figaro à l'époque de la Grande Guerre.

 

 

Durant la première guerre, entre 1915 et 1918, Le Figaro donne une place importante à des chroniques dédiées à la mode, signées Ghenya, Manon, Camille ou encore Rosine.

Ces chroniqueuses tentent à la fois de soutenir les ouvrières des ateliers et de défendre les couturiers français, Paris demeurant, malgré la guerre, la «Vitrine» de la France à l'étranger. Mais, surtout, elles s'adressent à la femme de la haute société parisienne qui se doit de rester élégante en toutes occasions. Celle qui, aussi, attend le retour du soldat. Même si les enjeux patriotiques et la participation à l'effort de guerre sont régulièrement mis en avant, les propos peuvent paraître décalés par rapport à la gravité de la réalité.

Voici quelques extraits de ces chroniques, plus particulièrement celles qui illustrent l'évolution d'un accessoire alors indispensable, le chapeau :

 

La mode pendant la guerre, Ghenya, 29 septembre 1915

 

Dans un article consacré à la mode pendant la guerre, voici une sélection de propos sur l'évolution du chapeau :

« Bien entendu, les chapeaux ont également subi un grand changement et si quelques-uns restent grands et très peu garnis, par contre les très petits sont très en hauteur. La silhouette actuelle par les robes courtes et larges est forcément raccourcie, et c'est par les chapeaux hauts que la ligne demeure élégante.
 
Nos modistes parisiennes qui sont de véritables artistes, l'ont compris, et nul doute que nos parisiennes ne soient d'accord avec elles. Pour accompagner ces modèles de chapeaux, on semble abandonner la voilette collante. Le dernier cri, c'est la voilette large à long pans dans le dos, chère à nos grands-mères, et telle qu'elle doit être, pour accompagner nos robes actuelles.
 
J'aurais voulu vous décrire d'autres jolies choses mais la place m'est limitée. J'y reviendrai donc dans une autre chronique. »
 

Le chapitre des chapeaux, Ghenya, 24 novembre 1915

 

En dehors des robes, les chapeaux suscitent aussi beaucoup de curiosité :

« Si vous voulez bien, nous abandonnerons les robes pour parler chapeaux, un peu trop négligés par moi, ces derniers temps.C'est un chapitre palpitant et qui en temps de paix mettait à l'envers les cervelles de bien des personnes.
 
Les plus raisonnables, et elles semblent nombreuses aujourd'hui, font encore cependant encore des folies, quand elles l'abordent. Combien en connais-je, qui, même en ces temps d'économies possèdent de véritables collections, et comme dans toute collection qui se respecte, on trouve d'incontestables chefs-d'œuvre.
 
La vogue cette année est aux petits chapeaux. Beaucoup genre tricorne sont cabossés, biscornus à plaisir et seyant à ravir aux jolis minois de nos Parisiennes. En général, ils sont peu garnis; tandis que les tricornes se bordent simplement de fourrures, d'autres s'ornent ou se font tout en rubans, ou se parent encore d'une cocarde. Leur chic réside surtout dans la forme. Mais que de crânerie, que d'ingéniosité dans la pose de ce petit rien qui est un grand tout! »

 

Propos féminins , Manon Roland, 26 février 1916

 

Quelques conseils pour bien choisir son chapeau :

« Que de jolis petits chapeaux parmi des monceaux d'horreurs! Plus que jamais la femme doit savoir choisir et ne pas se laisser imposer les plus ou moins étranges fantaisies auxquelles le désarroi des idées donne naissance chaque jour.
 
Par exemple on aimera, pour aller avec la robe habillée, le petit chapeau tout en rubans métallisés argent, auquel un double jeu de laitons, voilé d'une dentelle de crin noir, donne un bord étroit et amusant; de ce bord une même dentelle de crin retombe sur les yeux dont elle tamise l'éclat. Mais on rejettera les bonnichons «art nouveau» qui transforment la femme la plus distinguée en une midinette. Que l'on prenne à celle-ci, si on le peut, son éclatante jeunesse, bien; mais qu'on lui laisse les parures qui ne vont pas sans cette jeunesse.

 

On goûtera les larges capelines ondulées, ornées d'une cocarde de rubans dont les couleurs se fondent et s'harmonisent en un délicieux ensemble; mais on se défendra de tout ce qui peut ressembler, de près ou de loin, aux képis, aux shakos, aux casquettes et autres imitations belliqueuses que la guerre a fait surgir et qui sont toutes d'un parfait mauvais goût.
 
Parlez-nous, par contre, des chapeaux de jardin qu'on nous réserve pour le prochain été. A la bonne heure! Ils sont en paille blanche, mate et fine, et s'inclinent de chaque côté, projetant sur le visage une ombre exquise. La flore dont ils se fleurissent est inattendue, les grains rouges des sorbiers prennent le bleu du ciel et les roses elles-mêmes s'enrichissent de la douce couleur du Paradis. On s'imagine ces chapeaux complétant la grâce légère des Margelettes, ou voiles de coton, dont le fond ciel, rose, cerise ou jonquille est traversé de filets blancs ajourés. Ils associeront aussi leur sourire aux plumetis semés de roses trémières en boutons en organdis, en toile de campagne. »

 

Le chapitre des chapeaux, Ghenya, 19 septembre 1916

 

Le triomphe de la célèbre modiste de la place de la Madeleine:

« Le chapeau est sacré et son évolution est déjà nettement établie. Il se fait très en hauteur, et le feutre, qui fut si en vogue cet été, est entièrement abandonné pour la panne, le satin et surtout le velours. Les couleurs vives semblent en faveur et la broderie est à l'ordre du jour.
 
Beaucoup de tricornes également, mais non des tricornes secs et rigides. Ces chapeaux, cette saison, se font drapés avec un rien de broderie sur le devant, et c'est seyant au possible. J'ai eu l'occasion ces jours derniers d'admirer des toques exquises en velours bleu roi, taupe, vieux rouge, entièrement rebrodées d'or vieilli et inspirées visiblement des traditions de nos alliés russes. Nous retrouvons facilement dans ces toques le souvenir des kakoshnik, de la coiffure de la Tsarine ou bien de la toque moujik.
 
C'est tout à fait joli et séduisant, et Madeleine's, qui donne toujours le ton, a été heureusement inspirée en lançant cette mode si gracieuse et originale. Nul doute qu'elle obtienne avec ses toques le même grand succès qu'elle a eu avec ses bérets de velours. »

 

Propos féminins Rosine, 5 mars 1918

 

Des toques pour le printemps 1918 :

« Malgré le retour imprévu de l'hiver-oh! mars, voilà bien de tes coups! les femmes, avec leurs nouveaux chapeaux, ont un petit air printanier qui semble narguer la pluie, la neige et le vent.
 
Celui qui, s'impose surtout par sa simplicité autant que par son charme, c'est la toute petite toque de paille, modelant la tête, qu'elle absorbe jusqu'aux yeux. De la paille nattée la contourne en un large bandeau, et un léger voile de tulle blond, bordé d'un galon brodé de la couleur de la paille, flotte indifféremment autour du visage ou se noue en arrière comme une simple voilette.
 
En bleu de Chine, avec le voile marron et brodé du même bleu, cette toque est particulièrement ravissante et s'harmonise à merveille avec la teinte des dernières fourrures, castor ou nutria. La même de couleur mordorée est encore plus pratique pour les allées et venues dans Paris.
 
De même que la toque mandarin en soie brodée de fine paille d'Italie, elle accompagnera les tailleurs de la demi-saison, dès qu'apparaîtront les premiers rayons du soleil car il ne faut pas croire un mot des bruits qui courent sur la disgrâce de ce genre de costume. Les collections de l'été en comptent encore beaucoup. »

 

 

 

 

Par
Publié

Commenter cet article

My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

Articles récents

 

 

 

Hébergé par Overblog