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La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Danièle
Publié dans : #HISTOIRE, #RETROMANIA, #CULTURE ET POESIE...

 

Les pires tueries ont lieu en fin d’après-midi.

 

En ce dimanche 23 août 1914, l’empire du Japon déclare la guerre à l’Allemagne. Ce qui peut paraître incongru est en fait très intéressé. 
En effet, cette déclaration de guerre est très opportuniste, puisque l’empereur Yoshihito (Taishō Tennō, 大正天皇) entend s’emparer des possessions allemandes extrême-orientales, en particulier la concession de Qingdao (Chine) puis, plus tard, des îles Mariannes.
 
C’est aussi en cette journée que se déroulent les terribles combats de Gozée (Belgique), dans la province du Hainaut, à 13 kilomètres au sud-ouest de Charleroi.
Sortant des bois d’Aulne, du Prince et de la Grattière tout proches, les Allemands s’avancent vers le village de Gozée et s’en emparent presque sans coup férir vers midi. S’étant repliés, les soldats français ont l’ordre de reprendre la position et repartent à l’assaut. Les Allemands refluent mais leurs renforts arrivent à la rescousse. 
Bien vite, vers 18 heures, les Français commencent à se retrouver encerclés et beaucoup se replient, laissant de nombreux morts derrière eux : 360 Français et 540 Allemands. Le village retombe aux mains des Allemands qui commencent à piller et à incendier à qui mieux mieux.
« […] 36 maisons furent dévorées par les flammes, notamment la maison commune, celle du bourgmestre (absent), une magnifique ferme appelée “Baudribus”, cinq fermes de moyenne importance… le tout d’une valeur de 500.000 francs sans parler du mobilier et des récoltes engrangées », témoigne le curé du lieu, un dénommé Guérin.
 
Ce 23 août se déroule aussi la bataille de Mons, à une cinquantaine de kilomètres de Charleroi et de Gozée. Les troupes anglaises, récemment débarquées sur le théâtre des opérations, ont connu quelques escarmouches deux jours auparavant. Le grand combat s’engage à proximité de Mons, plus exactement à Nimy. Ils sont féroces. Une compagnie entière du 4e Royal Fusiliers est quasiment décimée. Il ne reste plus que deux hommes : le soldat Sydney Godley et le lieutenant Dease. Ce dernier paie de sa vie sa résistance à l’avancée allemande. Ce seront les deux premiers soldats britanniques décorés de la Victoria Cross au cours du premier conflit mondial.
 
Les Allemands investissent le village et prennent la population qui n’a pas pu fuir comme bouclier humain. Parmi eux, le bourgmestre Jean Lescarts.
Pis, les soldats de l’Empire teuton « incendient 76 maisons et sèment partout la terreur. Huit hommes, trois femmes et une jeune fille sont massacrés sur la route. Les nombreux otages poussés devant les troupes font arrêt au bas de la rue de Nimy le long du mur de la caserne », témoigne le notaire du village, M. Hambye.
 
Ce 23 août est aussi marqué du sceau de l’infamie avec le massacre de 647 innocents à Dinant, sommairement exécutés par les forces du Kaiser. 
Les pires tueries ont lieu en fin d’après-midi.
Vers 18 heures, 150 hommes sont alignés sur quatre rangs face à une double rangée de soldats. Un lieutenant-colonel allemand monté sur un cheval donne l’ordre de l’exécution sommaire. 116 hommes tombent.
Puis quelques heures plus tard, les soldats du Kaiser fusillent à bout portant 77 femmes et enfants, les achevant parfois à la baïonnette…
Le lendemain, ils incendient les trois quarts de la ville.
 
 
 
Le 22 août 2014
Henri Saint Amand

24 août : 1.500 Vendéens face à 12.000 Allemands

Le sacrifice des territoriaux vendéens n’a pas été vain.

 

C’est une des nombreuses histoires oubliées de la Grande Guerre, comme il en existe tant d’autres. Ce 24 août, de violents combats ont lieu à Tournai, notamment dans le faubourg Morel.
Face à face : l’avant-garde de l’armée allemande, notamment le Jäger Bataillon Nr. 10 et deux bataillons des 83e et 84e régiments d’infanterie territoriale (RIT) français.
Les soldats français, tous âgés de 35 à 41 ans, viennent des campagnes de Vendée. Ils appartiennent aux classes 1892 à 1898. Ils sont pour la plupart agriculteurs, cultivateurs, journaliers. Ils ont répondu à la mobilisation générale pour défendre la patrie mais n’ont que des moyens limités : des vieux fusils Lebel, 27 kg de paquetage sur le dos qui coupent les épaules… Ils sont surtout fatigués par les marches des semaines précédentes. La veille, ils étaient encore dans le village de Wannehain distant d’une dizaine de kilomètres. Ils ont reçu l’ordre de couvrir la zone de rassemblement de la 88e division d’infanterie territoriale (88e DIT) commandée par le général Curé, dans la direction de Tournai.
 
Dans la nuit du 23 au 24, le général Antoine de Villaret, commandant la 176e brigade territoriale, est averti par des éléments de reconnaissance que Tournai n’est pas occupé. Il ordonne aux 83e et 84e RIT de faire mouvement.
À six heures du matin, c’est par le carrefour de la Bleue Vache (« l’Bleusse Vaque », comme l’appellent les habitants du village d’Esplechin) que les soldats français vont entrer sur le territoire belge. Ils rejoignent ensuite la « Cité des cinq clochers » pour organiser sa défense. Le général de Villaret place ses 1.200 hommes aux endroits stratégiques de la ville. Chaque soldat dispose de 100 cartouches. Mais il n’y a pas d’artillerie lourde.
 
Face aux territoriaux vendéens, 15.000 Allemands se terrent dans les villages de Rumillies, Mourcourt et Kain situés au nord de la cité. Ce que l’état-major français ignore, c’est que les Allemands disposent de mitrailleuses et de canons du deuxième corps de von Kluck. L’ennemi envoie des avions de reconnaissance puis, vers 7 h 30, se met en marche.
 
Invisible jusqu’au dernier moment, il débouche soudain de tous côtés. Les premiers Français tombent. Ceux qui n’ont plus de munitions attaquent l’ennemi à la baïonnette, au corps à corps, maison par maison…
Les soldats allemands prennent des habitants en otage et s’en servent comme boucliers humains. Les soldats vendéens encerclés qui avancent avec un drapeau blanc sont abattus sans autre forme de procès.
La population tournaisienne parvient à en sauver quelques-uns, les cachant pendant la nuit, leur donnant parfois des vêtements civils pour mieux se fondre dans la population. Ils rejoignent les lignes françaises quelques heures plus tard.
 
Le sacrifice des territoriaux vendéens n’a pas été vain. Il a retardé l’avance des Allemands et permis au plus gros des troupes britanniques défaites dans le chef-lieu du Hainaut de pouvoir se replier vers la côte.
Une stèle commémore ce sacrifice des 83e et 84e territoriaux de la Vendée :
H« Pour la civilisation et les droits menacés, ils renouvelèrent ici le 24 août 1914 l’un des légendaires exploits qui, dans l’Histoire, méritèrent aux Vendéens leurs ancêtres le titre de Géants des combats. Passant, découvre-toi ; incline-toi. Sous ce tertre, 53 des leurs reposent. » Beaucoup plus sont morts. On n’en connaît pas le nombre exact.
 
 
 
Le 23 août 2014
Henri Saint Amand

25 août : le député Pierre Goujon, mort au combat

Blessé, il se panse lui-même et veut repartir à l’assaut...

 

Pierre Goujon, dit Pierre-Goujon, est le tout premier député (et aussi parlementaire) mort pour la France pendant la guerre 1914-1918.
 
Né en août 1875 à Paris, il est le fils du docteur Étienne Goujon (1840-1907), maire du XIIe arrondissement de Paris de 1879 à 1900 et conseiller général de Pont-d’Ain entre 1883 et 1901.
Contrairement à son père Étienne, qui a servi en 1870 comme médecin-major dans l’armée du Rhin, Pierre Goujon se destine à devenir avocat et non médecin.
 
Après de brillantes études, Pierre Goujon devient premier secrétaire de la conférence des avocats, au cours de l’année 1902-1903. Il se marie en 1905 avec Julie Reinach, fille de Joseph Reinach (1856-1921), écrivain, journaliste et député des Basses-Alpes (1889-1898 puis 1906-1914).
 
Attiré par la politique, le jeune avocat se présente comme candidat de gauche aux élections du 24 avril 1910 dans la première circonscription de Bourg-en-Bresse.
Son programme lui permet de battre le député sortant, Victor Authier (1856-1945). Inscrit au groupe de la gauche radicale, il siège à la Commission des affaires extérieures, des protectorats et des colonies, puis à la Commission de l’armée. C’est pourquoi il défend la loi de trois ans de 1913.
Il se représente lors du scrutin des 26 avril et 10 mai 1914.
 
Dans sa profession de foi, il redit combien cette prolongation du service militaire est nécessaire, car face aux 900.000 hommes de l’armée active allemande, notre pays « ne pouvait en donner que 500.000″.
Il est réélu dès le premier tour. Lorsque survient la Première Guerre mondiale, sergent de réserve, il est incorporé au 223e régiment d’infanterie, régiment de réserve du 23e régiment d’infanterie, le régiment de Bourg-en-Bresse.
Il aurait pu, comme nombre de ses collègues, rester siéger plutôt que d’aller au front. Mais il estime que son devoir de patriote importe plus.
 
Le régiment qu’il rejoint est alors composé de 42 officiers, 125 sous-officiers, 2.080 hommes de troupe et 127 chevaux.
 
Au petit matin du 25 août 1914, alors que s’engage la bataille de Lorraine qui prendra fin le 13 septembre 1914, le 223e RI et le 36e régiment d’infanterie coloniale sont chargés d’enlever aux Allemands la lisière des bois de Charlieu, près de Méhoncourt.
Pierre Goujon est de la bataille. Blessé à la tête de sa section, il se panse lui-même et veut repartir à l’assaut. Mais une balle l’atteint au front. Il meurt ainsi au combat de Méhoncourt, le 25 août 1914, à quelques jours de son 39e anniversaire.
l n’aura pas le plaisir de voir l’ennemi non seulement arrêté mais refoulé. Sa disparition passe inaperçue dans la presse. Le Parlement a suspendu ses travaux. Il faut attendre le 22 décembre, reprise de la session, pour que Paul Deschanel, président de la Chambre des députés, prononce son oraison funèbre et celle des deux autres députés morts pour la France depuis le 25 août : Édouard Nortier, député-maire de Neuilly-sur-Seine, capitaine de réserve au 73e régiment d’infanterie territoriale, mort le 6 septembre à la tête de ses troupes ; et Paul Proust, député de la Savoie, sergent au 97e régiment d’infanterie, tué lui aussi à l’ennemi, le 24 octobre 1914.
 
 
Le 24 août 2014
Henri Saint Amand

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My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

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