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La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Danièle
Publié dans : #RETROMANIA, #CULTURE ET POESIE...

Ces jeunes chefs et leurs hommes ont payé l’impôt du sang.
 
En 1912, malgré l’amputation de l’Alsace-Lorraine et la menace omniprésente qui plane, les crédits militaires français n’ont pas évolué et sont deux fois inférieurs à ceux du voisin allemand.
Lors de la mobilisation générale, trois millions de Français sont vêtus d’un pantalon garance et d’un képi, armés d’un fusil et dotés de 88 cartouches.
 
Les militaires avaient demandé du kaki. Le politique, idéologue, avait répondu : « Le garance, c’est la France. » L’Allemand, lui, est en « feldgrau », casqué, doté de grenades et de mitrailleuses.
Dans l’armée française de l’époque, l’avancement est lent. Nombre de saint-cyriens sortis en 1890 ou 1900 sont toujours lieutenants et capitaines après 10, 15 ou 25 ans de service. Beaucoup parmi eux ont vu leur avancement bloqué par la fameuse affaire des « fiches » du général André qui, s’appuyant sur le maillage des réseaux francs-maçons, tenait une comptabilité des officiers catholiques fréquentant les églises.
 
Il est un acte symbolique célèbre qui est resté absent du calendrier mémoriel, et même des commentaires lors du défilé sur les Champs-Élysées, alors qu’une énième réforme de la Spéciale a été signée en Conseil des ministres le 18 juillet 2014.
 
Le 30 juillet 1914, la promotion de « la Croix du Drapeau » sort de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM). Elle compte 536 nouveaux promus officiers ; leur première affectation sera au feu. Comment galvaniser la troupe, alors que l’on sait les flottements du politique, les manques de l’intendance et de l’équipement ?
Le 30 juillet 1914, un groupe de saint-cyriens se réunit dans la chambrée pour la veillée d’armes. Demain, ils rejoindront leurs garnisons respectives et monteront au front. Là, confidentiellement, ils prêtent serment, selon la tradition militaire, d’aller au feu en gants blancs, mais surtout de conduire la troupe avec le fameux « caso » fixé au képi. Immortalisant une attitude qui n’avait rien de bravache, parfaitement de leur époque, pleinement conscients du péril immédiat qui menace la France, de l’exemple qu’il leur faut donner.
 
De cette promotion de saint-cyriens, c’est le nombre jamais égalé de plus de la moitié – 291 officiers – qui tombent au champ d’honneur pendant la Grande Guerre.
 
L’histoire retient l’exemple du sous-lieutenant de Fayolle, 23 ans, conduisant sa section à l’assaut le 22 août 1914.
Sa troupe est épuisée, fixée par le feu ennemi, les hommes n’avancent plus. Calmement, il enfile ses gants blancs, fixe le casoar à son képi et leur dit « Et maintenant, allez-vous me suivre ? » Ils s’élancent, lui tombe.
Fayolle est cité à l’ordre de l’armée, son héroïsme fait les unes de la presse. Les grands chefs de cette guerre 1914-1918, ce sont eux, les capitaines, les lieutenants, les sergents qui conduiront 8 millions de Français à la victoire, dont 1,5 million tomberont au champ d’honneur.
 
« Qui cache ses fautes en veut faire encore », dit le proverbe.
Ces jeunes chefs et leurs hommes ont payé l’impôt du sang. L’impôt de ceux qui n’avaient pas voulu voir. L’impôt de ceux qui votaient les lois scélérates et « fichaient » leurs adversaires. L’impôt de ceux qui, dès le 2 septembre 1914, filèrent en cachette à Bordeaux, présageant le désastre de 1940 où, penauds, ils se débarrasseront du pouvoir dans les mains du vainqueur de Verdun. L’impôt de ceux qui ont toujours une guerre de retard, croyaient en 1914 aux règles de 1870, et croiront en 1940 aux recettes de 1914.
 
 
 
LE 06 AOÜT 2014
Maxime de La Devèze

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My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

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