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La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Danièle
Publié dans : #CULTURE ET POESIE...
Paraphrasant Jean Yanne, je dirais qu’être réac c’est comme un sport de combat. On se sert de la connerie de l’adversaire. Car le réac est comme ça. Nostalgique d’un ancien monde idéalisé, il demeure résolument encastré (« embedded » disent les Anglais) dans le monde actuel.
Dès lors, il vit, donc il réagit. J’en vois déjà quelques-uns lever un sourcil soupçonneux devant cette phrase laissant échapper le fumet dérangeant d’un maurrassisme subliminal. Qu’importe, car le réac, le vrai, se fiche pas mal, précisément, d’être conforme au dogme, donc aux évangélistes dominants. Maurras ou Marx, Leroux, Berth ou Sartre et Evola, Aragon ou Brasillach, Asimov ou Lovecraft, tant mieux s’il est rassasié de ce brouet improbable qui lui procure son miel intellectuel, parce que le réac est d’abord, selon la formule de Drieu la Rochelle (décidément, j’aggrave mon K aurait dit Kafka), plus fidèle à une attitude qu’à des idées.
 
Du bonheur d’être réac de Denis Tillinac, est une paideia philosophique qui nous enseigne, finalement, qu’être réac est d’abord un état d’esprit. Certes, le plus exigeant qui soit, à rebours de toute paresse intellectuelle. Aux prises avec la météo de son âme, le réac doit perpétuellement remuer la vase des eaux saumâtres du conformisme pour exhumer la vieille malle aux ducats d’or des idées neuves (c’est-à-dire, de toujours) tombée de je-ne-sais quel galion de notre ultra histoire politique et littéraire. Ascétique et enraciné, « le réac est inactuel. Ses points d’appui sont immémoriaux, et pour ainsi dire anthropologiques : l’Histoire au long cours, les ressacs des civilisations et des nuits de l’esprit. (…) Il ne sera jamais rétro, désuet ou anachronique puisqu’il n’est pas contemporain », observe finement notre corrézien de sa voix argileuse. Il a bien compris qu’on n’innove rien moins que dans la tradition. « Tout novateur véritable est un continuateur. Nihil innovatur nisi quod traditum est », tonnait l’impétueux Léon Daudet, autre réac apoplectique.
 
Mais surtout, nous dit encore Tillinac, le réac a définitivement opté pour la boussole de « l’invariant », cette aiguille fixe, obstinément pointée vers l’étoile du Nord des éternelles constances humaines, en dépit du brouillard chaque fois plus opaque et poisseux de la postmodernité. « Le monde a changé, le théâtre de la dramaturgie humaine dresse en permanence des tréteaux inédits mais par instinct de survie le réac privilégie les invariants ».
Partant, le réac souffre terriblement devant le spectacle vomitif des apprentis-sorciers du genre, du queer, du care, contre lequel il ne peut mais. Affligé et réaliste, le réac assiste impuissant à cet holocauste déconstructiviste de l’indifférenciation systématique et apologétique.
 
Pourtant, paradoxalement, la meilleure idiosyncrasie reste encore celle du réac qui, vaille que vaille, maintient tous ses sens en éveil, ceux de l’honneur, du tragique, de la pudeur, de la lenteur, de l’héritage, de l’élévation, de l’harmonie, de l’humour, de la désinvolture, de la distinction.
A L’instar de Sanders, le Hussard bleu de Nimier, Tillinac concède, foin de tout nominalisme, être « réac à titre provisoire » :
« quand les habitants de la planète seront un peu plus difficiles, je me ferai naturaliser humain. En attendant, je préfère rester fasciste, bien que ce soit baroque et fatigant ».
Soyons libres en attendant mieux…

 

À l’occasion de l’été, Boulevard Voltaire vous offre cinq extraits de

Du bonheur d’être réac, de Denis Tillinac.

 

 
 

extrait 1/5

Si le réac vote plutôt à droite, c’est faute de mieux et par défaut. La gauche théorise et prescrit explicitement la soumission à l’air du temps, fondement de son progressisme depuis qu’elle a renoncé à l’utopie révolutionnaire. En langage « moderne » cette soumission se pare des vertus de l’« avancée sociétale ». La droite s’y résigne, de plus ou moins bonne grâce. Ses chefs sont captifs du même fatalisme mais ses troupes traînent les pieds. Elle va à la « modernité » comme le veau à l’abattoir, en maugréant. Parfois elle bronche, parfois elle se durcit jusqu’à devenir ultra. C’est une aubaine pour la gauche car en France, depuis les Guise durant les guerres de religion jusqu’à la « Nouvelle Droite » paganiste en passant par les « blancs » de la Restauration, les ligues des années 1930, les maurrassiens sous l’Occupation et les desperados de l’Algérie française, les ultras se sont toujours plantés dans les grandes largeurs. Comme on les confond avec les réacs, ils deviennent les idiots utiles au système qu’ils prétendent mettre à bas. Et la solidarité des proscrits aidant, le réac de tempérament finit par se croire des affinités avec les apôtres du coup de balai soi-disant salvateur, version extrême-droitière du Grand Soir.
 
Or, le réac n’est pas un ultra. Ou alors, l’ultra d’un idéal inconvertible sur le champ politique. Le chambardement auquel il peut lui arriver de rêver ne saurait être une révolution ou une restauration. Fondamentalement, sa conscience n’est pas politique. Ses allergies n’ont pas de support idéologique et il n’a pas la tripe militante. Les figures qui, fondues en une seule personne, ébaucheraient l’incarnation du réac, sont les activistes d’une chimère, pas d’une faction : Athos, Mermoz, Tintin… L’idéal (flou) du réac serait une chevalerie (pacifique) qui fomenterait une insurrection (ludique) contre les idoles de la modernité et les marionnettistes qui les mettent en exergue. Dans mon panthéon réac voisinent auprès des saints et des héros coloriés sur les vitraux de nos cathédrales des inclassables tels que Casanova, Lampedusa, Clostermann, Sempé, les frères Boniface. C’est dire qu’on est loin de la droite de poigne ou d’argent.
 
 

extrait 2/5

Du coup [le réac] s’absente des « débats » bidons, sachant que les clivages subséquents sont des leurres. Ah, les « débats » ! On m’y convie parfois, au titre de réac de service. Il en faut un pour la fiction du pluralisme. Il faut des débats pour la fiction d’une animation de la vie publique dans la cité. Il faut « animer » pour mieux anesthésier.
 
Ces débats sont balisés jusqu’à la mise en scène des dissidences officielles : un gaucho bien rouge d’indignation, un facho bien épais du col font l’affaire, le but inavoué et peut-être inconscient étant d’enraciner la distribution des rôles à l’intérieur d’un cadre inamovible où s’inscrivent les opinions depuis l’ultra-gauche (excessive mais respectable) jusqu’à l’ultra-droite (excessive et pas respectable). Les communautarismes s’y exacerbent, chaque « minorité », chaque marginalité étant sommée d’« exprimer » ses droits à la « différence », dans une confusion où le bon sens n’est pas à la noce. Le but avoué est de vendre. Le système trahit son cynisme en qualifiant de « bon client » un bonimenteur véhément, expert en formules qui font mouche. Le meilleur « client » est l’invité qui dérape : on l’y a poussé, il s’est fait piéger, le voilà convaincu de « racisme », de « xénophobie », d’« homophobie » ou de « sexisme ». Mise à mort immédiate, frisson érotique de l’auditeur ou du téléspectateur.
 
Du tribunal de Paris je ne connaissais que l’accès à la Sainte-Chapelle. Une après-midi, j’y fus convoqué pour témoigner en gros qu’Éric Zemmour, journaliste au Figaro, gaulliste tendance République laïque, très laïque, n’était pas un disciple de Gobineau ou de Goebbels. On l’accusait de « racisme », rien de moins. On ? Des « associations ». Les guillemets s’imposent. Il va sans dire que Zemmour n’est pas raciste le moins du monde et nul ne l’ignorait dans le sérail. L’imposture, c’est de l’avoir fait comparaître – et condamner – par soumission à un pharisaïsme dont des juges assermentés auront été les complices ou les dupes. Ou les deux à la fois. En quittant ce prétoire j’ai pensé que ma liberté chérie n’était peut-être pas aussi protégée par l’État de droit que je l’aurais cru. On peut toujours être dénoncé par une « association » dont l’un des membres vous a dans son collimateur, parce que votre tronche ou votre candidat aux élections ne lui reviennent pas. On peut toujours tomber sur un magistrat zélé qui improvisera avec la gravité requise la scène du parangon de la vertu face au mécréant acharné à violer les sanctuaires. Promotion garantie pour l’un, damnation requise pour l’autre.
 
 

extrait 3/5

Solitude et discrédit sont le lot du réac. Il campe dans une sorte d’exil intérieur, un peu comme ces nomades piégés par la découpe du monde en États-nations, alors que leur espace vital s’étend de part et d’autre d’une frontière ou de plusieurs.
 
Craignant en permanence d’être mis le dos au mur par un peloton improvisé, il se tient toujours aux aguets. La meute n’est jamais loin, il l’entend aboyer à la télé, à la radio ; les unes des journaux signalent son approche. Le propos d’un responsable politique sur l’immigration, un fait divers anodin (Leonarda) ou sanglant (Merah) enclenchent illico l’état d’alerte sur les dangers du poujadisme, du « populisme », de la « lepénisation des esprits » dans une France « moisie », « rance » ou « nauséabonde », et le réac se sait ou se croit visé. Ça peut l’acculer à la parano. Ou pire si son naturel ombrageux, exaspéré par le mépris, le porte à des raidissements. Puisque aussi bien je suis maudit, se disent certains, autant forcer sur la transgression jusqu’à singer le « facho » de la démonologie officielle. Endosser sa caricature est un recours, le seul si on manque d’appuis affectifs, d’arrière-pays spirituel ou plus simplement de jugeote. On se laisse ostraciser, on peut y trouver une jouissance de facture maso. Dans le huis clos de la solitude, on perd cette distance, cet humour, cette désinvolture qui sont l’apanage du réac bien portant. Tel gribouille plongeant dans la mare pour éviter la pluie, on fonce dans les panneaux érigés par le haut-clergé intello et surveillés par le bas-clergé médiatique pour convaincre l’infidèle de son infamie. Foutu pour foutu, je vais me venger ! Voilà comment un être de prime abord inoffensif mais fragile peut devenir la proie d’une secte ou d’un parti extrémiste. Depuis les nihilistes russes de la fin du XIXe siècle jusqu’aux émules de Ben Laden, c’est toujours la même dérive, autant dire la même pathologie.
 
S’il appartient à la gente scribouillarde, le malheureux trempe sa plume dans un fiel de plus en plus noir. Comme la plupart des artistes
depuis la révolution industrielle, il déteste son époque. Comme presque tous, il isole tels symptômes du Mal qui l’obnubilent. Il fulmine
en diatribes, sélectionne ses boucs émissaires. L’incompréhension aidant, il force sur le dézingage des tabous, en desperado d’une cause qui devient le miroir brisé de sa désespérance.
 
 

extrait 4/5

Le grand bonheur du réac, c’est la griserie de la liberté. On pense, on s’émeut, on agit, on réagit au naturel. On soumet à sa raison les idées qui traversent l’esprit et si elles mènent à une impasse on ne s’en prend qu’à soi-même.
 
Griserie annexe : la feinte. On ruse avec la police du langage, pour ne pas gêner ou blesser ceux qu’elle terrorise. C’est un jeu de société dont le réac a le monopole des règles. Il y a des mots à ne pas employer, des sentiments qu’il faut faire semblant d’éprouver, des icônes qu’il faut affecter de respecter. C’est facile. Quand un brûlot aussi insipide que le Indignez-vous ! de Hessel se vend comme des brioches et passe pour l’oriflamme d’une révolte, on pige vite avec quoi se trame le compassionnel clefs en main. Quand
un condominium de politiques et de journalistes sonne l’appel au soldat comme en 14 pour vaincre l’hydre incarnée par un humoriste ivre de ressentiment – Dieudonné en l’occurrence –, on pige vite sur quels sables se meuvent les incantations aux « valeurs ».
 
Sa liberté, le réac la savoure au jour le jour, avec les êtres de son choix. Pas de fraternités obligées, pas d’indignations téléguidées. Il n’est ni encarté ni syndiqué, ça lui épargne les réunions, les motions, les pétitions, les manifs et leurs slogans, toutes les servitudes de l’affiliation. S’il choisit de soutenir une personnalité politique, c’est au cas par cas, en franc-tireur, au gré d’une sympathie privée et ça n’engage pas vraiment sa conscience. Ses fidélités vont à des êtres de chair, pas aux pions avancés par un parti. Churchill a changé quatre fois de parti : souplesse très réac d’un héros qui n’a jamais manqué à son roi, à ses amis et à sa patrie.
 
S’il a des appétences pour les choses de l’esprit, le réac échappe aux colloques, symposiums et autres séminaires où la caste s’autoproclame, s’auto-encense et s’autoreproduit. Elle ne l’y convie jamais et ça tombe à pic : les colloques le rasent. Ils se tiennent dans des enceintes « culturelles » généralement hideuses. On y glose en sabir psycho-socio à la Bourdieu, on y sert dans des gobelets en plastique du mousseux imbuvable avec des gâteaux trop secs ou trop mous. Le réac préfère les fauteuils d’un club-house à l’anglaise, le pétillement des bulles de champagne dans une flûte de cristal, l’effeuillage voluptueux d’un volume de la Pléiade en écoutant un CD d’Haydn.
 
 

extrait 4/5

La réalité n’est pas cool et sympa. Nulle part l’autochtone ne voit arriver l’étranger avec bienveillance. Surtout si on lui dénie la supériorité symbolique qu’il estime due. C’est un constat, pas un jugement de valeur. Le réac constate que les peuples européens, mal barrés à l’aube du nouveau siècle, redoutent une forme d’expropriation imposée par leurs élites, le patronat au premier chef, les idéologues en relais. En France plus qu’ailleurs, eu égard aux effets à retardement de la guerre d’Algérie. Il en déduit qu’il serait opportun d’aborder à ciel ouvert un sujet obsédant et crucial. Pourquoi le refuser en usant du Front national comme d’un alibi, quitte à faire sa fortune électorale ? Quels démons croit-on exorciser en imposant un tabou qui saute dans toutes les conversations privées, ouvrant les vannes des pires mythologies « purificatrices » ?
 
Sans que sa gouverne soit faite, le réac s’estime tenu, par simple souci d’intégrité morale, de ne pas taire ce qui lui paraît dangereux. À tort ou à raison, il pense que les vieux peuples sédentaires d’Europe risquent le pire en singeant les moeurs de pays d’immigration tels que les États-Unis, le Canada ou le Brésil. Sans doute est-il plus sensible que d’autres à ce risque, parce qu’il perçoit concrètement ce qui se perd : une sociabilité, un art de vivre, des tours d’esprit, des formes d’humour, un système d’émotions, de goûts et de références propres à son pays. De ce trésor il s’estime dépositaire, son patriotisme en procède, ses joies en découlent naturellement. Ses ancrages sont profonds et assumés. On pourrait le définir par cette singularité : il assume ses sentiments.
 
Ainsi le sentiment de décadence. Le mot fait pincer les becs. Le réac ose le dégainer. Sur les registres de la politesse, de la maîtrise du langage, du raffinement, des équilibres mentaux, de l’aptitude au contrôle de soi, de la noblesse des aspirations, de la culture des élites, la société contemporaine est décadente. Quel autre mot définirait mieux ce mélange nauséeux d’avachissement dépressif, d’émotivité hébétée et de hargne vindicative ? Lequel dirait mieux la veulerie des politiques, la goujaterie des puissants, la tyrannie des enfants ? Lequel évaluerait mieux la perte de substance des « valeurs » rabâchée par pure routine ? Lequel exprimerait mieux la mise hors jeu de la pureté, de la tendresse, de la probité, de la gratuité, du tact – vertus immémoriales sans lesquelles le bonheur a le souffle court et la vie de tous les jours, des aigreurs d’estomac ?
 
 
*** *** ***
 

Tillinac, ou le malheur d’être réac sur France Télévisions

Le 3 mars 2014

 

Denis Tillinac est toujours vivant. Mais il s’en est fallu de peu qu’on ne l’achève, le public voulait sa tête.

Samedi 2 mars, l’émission « On n’est pas couché » me réveille en sursaut, je rêvais d’une France de l’intelligence. Les imprécations de Caron et du chanteur Mat Bastard, du groupe de langue anglaise « Skip the Use », n’arrangent pas le mal de tête carabiné que m’a provoqué un excès de vin de Champagne.
Non, la France n’est pas devenue pluraliste et ouverte au débat durant mon sommeil, oui Aymeric Caron est toujours vivant, et il est ce soir secondé par une pseudo-pop star.
 
L’objet de leur courroux est le dernier ouvrage de Denis Tillinac, Du bonheur d’être réac.
Je n’ai pas lu le livre, mais je n’avais pas souvenir que cet auteur fût un dangereux fasciste.
Le procureur Caron accuse, il prend soin de remettre sa mèche de cheveux en arrière, et se lance dans une diatribe creuse dont il a le secret :
« Vous parlez d’identité nationale, oui ! Vous étiez un opposant au mariage homosexuel. »
Mazette, des concepts interdits dans l’Empire du Bien, il a commis un délit, peut être faudrait-il l’interner. Séance de lyssenkisme télévisuel.
 
Denis Tillinac, bonhomme, tente de se défendre. Le pauvre hère se réfère à Carl Jung, à la cathédrale de Chartres ou à Ronsard. Animus, Anima :
pour Caron, il faudrait parler d’animaux ; l’inconscient collectif, il ne connaît pas. Pour lui, tout le monde il est pareil, tout le monde il est beau et, surtout, tout le monde il est gentil.
 
Sort alors un petit diable de sa boîte pour achever l’affreux réac auvergnat, un rocker aseptisé représentant de la société multiculturelle. Mat Bastard a la haine médiocre. Loin de la finesse d’un David Bowie ou du charme d’un Mick Jagger, il se mue, à la suite du clone de Bernard-Henri Lévy, en accusateur public.
 
Les propos de Denis Tillinac l’ont heurté, il est effrayé par ce qu’il a entendu. Oui, le vieux réactionnaire a osé, il a commis le crime majeur de notre temps, le crime de lèse-diversité. Il aurait envisagé qu’il puisse exister une tribu dont on ne doit pas prononcer le nom, une tribu d’Indiens. Ces arriérés vivent, selon ses termes, « à la campagne », ce sont les tristement célèbres « Français de souche ».
Ces monstres oseraient affirmer qu’ils sont des autochtones français. Monsieur Bastard s’insurge : « La France est un ruisseau. Elle est riche de sa diversité. Ça veut dire quoi, les Français de souche ? Ça n’existe pas. »
 
Heureusement, il n’avait pas sa batte de baseball à disposition : Denis Tillinac est toujours vivant. Mais il s’en est fallu de peu qu’on ne l’achève, le public voulait sa tête, un raciste, un fasciste, un xénophobe, un catholique qui vient de la campagne, donc un danger pour la diversité et le vivre ensemble.
 
J’en veux vraiment à France Télévisions d’avoir laissé deux ayatollahs aux petits pieds me sortir de ma torpeur nocturne.
En effet, je faisais un doux rêve, celui d’un pays apaisé, comme promis par François Hollande.
Je m’aperçois que rien n’a changé durant ces deux heures, la France compte toujours beaucoup de réactionnaires à épurer.
 
 
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My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

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