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La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Danièle
Publié dans : #RETROMANIA, #HISTOIRE, #CULTURE ET POESIE...

Les habitants bourrent les musettes des poilus de cigarettes et

de paquets de tabac…

 
En ce mardi 18 août, le général Joffre apprend que des éléments allemands auparavant stationnés au sud de la Meuse sont passés sur la rive gauche.
À 8 h, il fait expédier aux 3e, 4e et 5e armées, aux armées anglaise et belge, l’instruction suivante (instruction n° 13) :
« Les 3e, 4e et 5e armées, agissant de concert avec les armées anglaise et belge, ont pour objectif les forces allemandes réunies autour de Thionville, dans le Luxembourg et en Belgique. Ces dernières paraissent comprendre un total de treize à quinze corps d’armée. »
 
Déjà, les troupes allemandes, après avoir fait sauter le verrou liégeois, s’avancent de Bruxelles. Dans le même temps, le général Pau, dont l’intention est d’occuper Mulhouse et de marcher sur Colmar dès le lendemain, met en place son dispositif. Il confie la défense de la région de Mulhouse, Altkirch et Belfort aux 57e et 66e divisions de réserve et à la brigade active de la place de Belfort.
Le général Pau demande à la 1re armée de l’appuyer pour l’attaque entre Neuf-Brisach et Colmar. La 66e division se portera sur la rive droite de l’Ill, au sud de Mulhouse. La 8e DC fera mouvement vers Wittenheim. La 63e division constituera la réserve d’armée.
 
Ce 18 août, ordre est donné au colonel Tourret, chef de corps du 95e régiment d’infanterie (95e RI) – qui dépend du 8e corps d’armée (8e CA) –, d’attaquer Sarrebourg. Le général de Maud’huy, commandant la 31e brigade, a promis cette récompense au régiment, à la suite de sa brillante attitude pendant les combats de Blâmont.
 
Partis de Lorquin vers 6 heures du matin, les hommes du 95e RI franchissent le canal de la Marne au Rhin et arrivent bientôt à 15 km de Sarrebourg.
Vers midi, les 2e et 3e bataillons du 95e commencent le mouvement ; chaque bataillon est en colonne double, les compagnies en ligne de section par quatre.
Quand nos troupes arrivent sur la crête de la colline, à 1.500 mètres de Sarrebourg, l’ennemi fortement retranché sur les hauteurs au nord de la ville déclenche un tir violent de « gros noirs » [batteries d'artillerie allemande, NDLR].
Un soldat du 95e témoigne :
« Nous progressons lentement sous un violent tir de barrage. Nous faisons connaissance avec l’artillerie lourde allemande. Les « gros noirs », toute la journée, joignent leurs coups de tonnerre à la musique du 77, causant des pertes sévères dans le régiment ; au bord de la route où nous progressons, les bas-côtés sont rouges du sang des chevaux et des cavaliers que nous avons vu défiler l’avant-veille. De nombreux cavaliers sont encore là. Vision d’horreur qui refroidit notre bel enthousiasme d’il y a deux jours. »
 
Vers 15 h 30, les premières compagnies pénètrent dans Sarrebourg, chassent les Allemands restés en arrière-garde, et les soldats du 95e RI occupent les lisières nord de la ville. La population de Sarrebourg accueille chaleureusement nos soldats.
« Devant chaque maison sont disposés des seaux de vin, des bouteilles de bière, des provisions de toutes sortes. Les habitants bourrent les musettes des poilus de cigarettes et de paquets de tabac… », témoigne ce soldat qui écoute attentivement les habitants.
« La retraite des Allemands n’est qu’une feinte. En plus, ils sont plus nombreux que vous ; ils ont dix fois plus de canons. Prenez garde ! » Ces avertissements ne sont pas vains.
 
 
 
Le 17 août 2014
Henri Saint-Amand

19 août 1914 : charge héroïque et blessure mortelle d’un général.

En Alsace, les Français repartent à l’assaut de Mulhouse...

 

En cette journée du mercredi 19 août 1914, alors que le président Woodrow Wilson proclame la neutralité des États-Unis dans le conflit, les combats s’intensifient de part et d’autre des frontières.
Les troupes allemandes entrent à Bruxelles. En Lorraine, les IIIe et IVe armées françaises se sont lancées à l’offensive de Morhange et de Dieuze sur un front qui s’étire sur plus de 30 kilomètres. Les Français qui tentent une percée sont attendus par les VIe et VIIe armées allemandes réunies sous le commandement du Kronprinz Rupprecht de Bavière.
 
À Sarrebourg, au petit matin, la 32e brigade reçoit l’ordre d’attaquer les hauteurs de la rive droite de la Sarre, entre Saaraltroff et Reding. Le 95e RI qui a enlevé Sarrebourg à l’ennemi la veille se tient en réserve.
Toute la journée, les hommes du régiment pourchassent les espions qui se terrent dans chaque maison, où chaque cave recèle un téléphone. Mais les soldats se contentent de couper les fils et d’emmener les coupables au poste.
 
En Alsace, les Français repartent à l’assaut de Mulhouse occupée par les Allemands depuis le 10 août, en livrant de très difficiles combats dans les villes environnantes : Dornach, Zillisheim, Didenheim, Geisberg, Flaxlanden. C’est lors de cette offensive que s’illustre le 19e régiment de dragons lors de la bataille de Brunstatt. Un ancien caporal clairon des zouaves attire l’attention des dragons sur la présence des Allemands à la sortie de ce village. L’alerte est donnée.
 
Les dragons, sous les ordres d’un officier, rangent leurs chevaux, entament la progression à pied en deux colonnes en longeant les maisons. Quelques coups de feu partent. Les Allemands restent invisibles. Le lieutenant-colonel Touvet décide alors de forcer la sortie du village. Avec le 6e escadron, il s’élance sabre au clair, en colonne par quatre, après avoir déclaré :
« En avant pour la France. »
Les Allemands ouvrent le feu quand les Français arrivent à environ 20 mètres de leur position. Les dragons sont fauchés à bout portant par les mitrailleuses allemandes. Pas moins de 25 cavaliers dont le lieutenant-colonel Touvet et le capitaine Hayen tombent foudroyés à la tête de l’escadron. Les dragons se replient et l’infanterie allemande occupe le village pendant que l’artillerie française pilonne Brunstatt avec les canons de 75.
 
C’est aussi ce 19 août que tombe sous les balles allemandes, lors des combats d’Altkirch, le général Louis Victor Plessier, commandant la 88e brigade, à l’âge de 58 ans.
Il est atteint de trois balles dont une à la moelle épinière. Transporté à l’hôpital Desgenettes de Lyon, il succombe à ses blessures le 27 août. Il est considéré comme le premier général français mort au combat en 1914.
Ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque le général Charles Rondony (58 ans), commandant la 3e brigade d’infanterie coloniale, et le général Léon Raffenel (58 ans), commandant la 3e division d’infanterie coloniale, meurent le 22 août, tous les deux pendant les combats de Saint-Vincent (Belgique).
Mortellement blessé le 21 août, le général Paul Émile Diou (58ans), commandant la 63e brigade d’infanterie, succombe à ses blessures le 23 août.
 
Au total, 41 généraux français tomberont au front pendant la Première Guerre mondiale.
 
 
 
Le 18 août 2014
Henri Saint-Amand

20 août 1914 : l’erreur française...

La nuit du 19 au 20 a été très agitée...

 

La bataille de Morhange qui a débuté le 19 août n’est guère présente dans la mémoire collective, en comparaison des taxis de la Marne ou de Verdun.
 
L’état-major, suivi par le gouvernement Viviani, souhaite plus que tout reprendre l’Alsace et la Lorraine. Selon le plan XVII, l’effort doit être mis sur cette zone annexée en 1871 par l’Empire allemand.
Le plan Schlieffen est venu contrecarrer cette belle stratégie et, après deux semaines de combat, les Français sont, en ce 20 août, dans l’expectative. Pour plusieurs raisons.
 
La nuit du 19 au 20 a été très agitée pour de nombreuses unités qui ont fait face au harcèlement incessant de l’ennemi : des tirs nourris mais aussi précis, en raison de certains projecteurs.
 
Au matin du 20 août, le général Édouard de Castelnau, commandant la IIe armée, doit retarder l’attaque des 15e et 16e corps d’armée, car il attend le résultat des dernières reconnaissances aériennes. Or, la brume matinale a gêné l’observation des avions français. Le général de Castelnau a bien ordonné, vers 6 h 30, au général Foch, commandant le 20e corps d’armée, de rester sur ses positions, car il a besoin de lui comme unité de réserve et surtout de contre-attaque. Mais l’ordre arrive trop tard.
Ferdinand Foch est certain que les circonstances lui font un devoir de passer à l’attaque. Il est convaincu qu’un vigoureux effort de ses magnifiques troupes suffira pour enfoncer le front adverse. Il les a déjà lancées à l’assaut d’un ennemi qui souhaite en découdre. Il le fait avec d’autant plus d’enthousiasme que les ordres de la veille ne lui prescrivaient pas impérativement de rester sur la défensive.
 
Sur de nombreux fronts, en particulier à Morhange, la situation tourne vite à l’avantage des Allemands dont la poussée est aussi violente qu’efficace. Les « boches » surgissent des bois, se glissent dans les blés qui seraient bons à faucher. Ils s’avancent, tirent sans relâche. Ils sont à 200, 150 puis 100 et 50 mètres de nos lignes.
 
À 8 heures, la retraite d’une partie de nos troupes se dessine sur Château-Salins. Les coloniaux (3e division d’infanterie coloniale notamment) se sacrifient presque pour contenir l’assaut ennemi. Les éléments du 20e corps d’armée commandé par le général Foch viennent se heurter au bastion de Morhange.
 
Le général de Castelnau se résigne à ordonner la retraite. Il prescrit, à 16 h 30, au 20e corps d’armée de Foch, de se maintenir le plus longtemps possible sur la tête de pont de Château-Salins.
 
Dans le même temps, les 85e et 95e régiments d’infanterie française perdent la position de Bühl Hof, à laquelle ils s’étaient accrochés. La retraite dans un ordre impeccable se poursuit dans la nuit jusqu’à Xouaxange.
Mais la mauvaise coordination des unités aura coûté très cher : plus de 5.000 morts côté français.
 
 
 
Le 19 août 2014
Henri Saint-Amand

21 août 1914 : naissance de la légende noire du 15e corps d’armée

La défaite de la bataille de Lorraine ruine totalement les plans de Joffre.

 

Le 21 août, 19 heures :
le général Joseph Joffre, commandant en chef des armées, téléphone à Adolphe Messimy, ministre de la Guerre :
« L’offensive en Lorraine a été superbement entamée. Elle a été enrayée brusquement par des défaillances individuelles ou collectives qui ont entraîné la retraite générale et nous ont occasionné de très grosses pertes. J’ai fait replier en arrière le 15e corps, qui n’a pas tenu sous le feu et qui a été cause de l’échec de notre offensive. J’y fais fonctionner ferme les conseils de guerre. »
 
La légende noire du 15e corps d’armée vient de naître. Elle ne cesse de prendre de l’ampleur dans les jours qui viennent. Le journal Le Matin, daté du 24 août, accuse ouvertement les Provençaux de lâcheté :
« Une division du 15e corps, composée de contingents d’Antibes, de Toulon, de Marseille et d’Aix, a lâché pied devant l’ennemi », mettant ainsi en difficulté tout le dispositif militaire français.
L’article est signé de la main du sénateur de la Seine, Auguste Gervais, un ancien saint-cyrien, ancien chef de cabinet du ministre de la Guerre, le général Thibaudin.
Gervais aura beau dire que son article était une commande de Messimy, le mal est fait.
Le 15e corps d’armée, en grande partie composée de contingents venant du sud de la France (Gard, Vaucluse, Corse, Bouches-du-Rhône, Ardèche, Var, etc.), passe pour une bande de lâches. La rumeur est d’autant plus infamante que ce 21 août au matin, les soldats provençaux se sont lancés dans la bataille de Lorraine sans appui d’artillerie et que 10.000 d’entre eux sont mortellement blessés, fauchés à la mitrailleuse et aux obus, le plus souvent sans avoir vu le moindre casque à pointe.
 
Sur le plan stratégique, la défaite de la bataille de Lorraine ruine totalement les plans de Joffre. Pour se dédouaner, quoi de plus simple que de rejeter la faute sur les soldats du Midi ?
 
La mort du sous-lieutenant Frédéric Chevillon du 132e régiment d’infanterie à la tête de ses troupes, aux Éparges, en février 1915, vient rappeler le courage des gens du Sud. Il était député-maire d’Allauch (Bouches-du-Rhône).
Les Provençaux sont blessés par les mensonges et les calomnies de l’état-major militaire et ne peuvent pas riposter comme ils l’entendraient en raison des lois sur la censure. Il faudra attendre la fin de la guerre pour que la réhabilitation du 15e corps s’opère petit à petit. Tout d’abord par les paroles apaisantes du président de la République Paul Deschanel, en visite à Nice en avril 1920, qui
« salue cette incomparable ville de Nice dont le nom signifie victoire et le beau département des Alpes-Maritimes qui, en donnant à l’armée française le glorieux 15e corps, ont puissamment contribué à sauver la France et le droit ».
 
C’est ensuite à Messimy lui-même de faire acte de contrition et de reconnaître, en 1923, mais à moitié seulement, sa culpabilité dans cette odieuse machination. Il rejette en grande partie la faute sur Gervais, décédé en 1917.
En fait, c’est une cérémonie à Vassincourt (Meuse), le 6 août 1939, qui réhabilitera définitivement ces soi-disant lâches pour en faire de véritables héros, en présence notamment du président du Conseil Édouard Daladier et du maréchal Pétain.
 
 
 
Le 21 août 2014
Henri Saint Amand
 

22 août 1914 : 27.000 morts français en une journée...

La matinée un peu brumeuse dans les Ardennes belges s’annonce belle...

 

Ce 22 août est un jour funeste pour la France qui voit mourir 27.000 de ses vaillants soldats, auxquels il faut ajouter plus de 13.000 morts côté allemand.
 
Rien que du côté français, c’est autant de morts en une journée que pendant les huit années de la guerre d’Algérie (1954-1962), et presque la moitié des morts américains de la guerre du Vietnam, qui a vu disparaître 58.000 GI… en 16 années de combat.
Ce 22 août 1914, c’est quatre fois plus de morts qu’à Waterloo !
 
En fait, ce n’est pas une seule mais plusieurs batailles qui ont fauché la jeunesse française pendant cette journée. On compte ainsi 3.367 morts à la bataille de Rossignol, 3.280 morts à celle de Maissin, 2.806 à celle de Virton…
 
La matinée un peu brumeuse dans les Ardennes belges s’annonce belle… L’attaque est ordonnée par le Grand quartier général, sans véritablement connaître les positions ennemies et leur nombre. « Attaquons, attaquons… comme la lune », fait-on chanter au général Lanrezac, qui commande la 5e armée.
 
Mais dès 7 h 30, des éléments du 1er colonial, en reconnaissance, sont cueillis par les mitrailleuses allemandes qui stationnent aux confins des forêts de Chiny et de Châteauneuf, pas loin de Rossignol, Termes et de Saint-Vincent.
À 9 h 30, c’est au tour du 3e colonial d’être pris sous le feu ennemi. Il faut vite se rendre à l’évidence : les Allemands sont maîtres des bois. Il sera difficile de les en déloger. Les villages alentour (Breuvanne, Tintigny…) sont en flammes. Les Allemands sortent des bois et prennent nos troupes à revers. Un premier point de résistance – le plus important – comprend Rossignol et le bois du Château. Il est commandé par le général Rondony.
 
Un autre centre de résistance se situe un peu plus au sud, vers Mesnil-Breuvanne. Il est tenu par le général Montignault. Les bombardements sont incessants. On court partout sur les cadavres pour contenir l’avancée des « boches ». De Charleroi à Rossignol, en passant par Roselies, Falisolle, Anderlues, Ham-sur-Sambre, c’est l’hécatombe.
Puis le silence se fait peu à peu. Le soir tombe. À la faveur de l’obscurité, quelques centaines d’hommes peuvent, par petits groupes, s’échapper et rejoindre nos lignes.
Le bilan est terrible.
 
Les régiments les plus touchés sont notamment le 25e RI qui perd 1.200 soldats, le 36e qui voit mourir 1.000 des siens, mais aussi les 24e et 74e RI (800 chacun), le 49e RI (700), le 129e RI (650). Des milliers de zouaves et de tirailleurs sont aussi fauchés à la mitrailleuse dans les combats de la Sambre. Il est vrai que la 3e division d’infanterie coloniale paie un lourd tribut lors de cette journée.
La bataille de Rossignol – tombeau du corps colonial – couche en quelques heures autant de soldats français que Điện Biên Phủ en deux mois de siège (environ 3.000).
 
À la suite de cette journée, 30 généraux, jugés « responsables » du massacre, seront envoyés à Limoges.
Un seul a fait appel et sera réhabilité puis décoré de la grand-croix de la Légion d’honneur : le général Edgard de Trentinian.
 
 
 
Le 22 août 2014
Henri Saint Amand
 

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My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

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