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La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

La Gazette de Danièle : Des idées et des Arts...

RV sur le blog d'une curieuse ! Curieuse de TOUT ! Tout m'intéresse ! Difficile à gérer ! Esthète, aussi, je vais spontanément vers les arts (peinture, sculpture, dessin, photo, la danse classique et l'opéra passionément !...) Mais, les sujets de société, notre alimentation, notre santé, le règne animal, l'environnement m'interpellent tout autant ! Et puis, j'ai mes révoltes !... )

Publié le par Danièle Chauvet
Publié dans : #CULTURE ET POESIE..., #RETROMANIA

 

Christophe Carrière lui consacre une très belle biographie .  

 

L’acteur s’est donné la mort alors qu’il n’était âgé que de 35 ans.
Malgré une carrière très courte, riche d’une trentaine de films quand même, Dewaere a laissé une empreinte indélébile dans le cinéma français, laissant un héritage dont se réclament depuis de nombreux acteurs français.
 
Le journaliste Christophe Carrière lui consacre une biographie intitulée "Patrick Dewaere une vie" (éditions Balland) à l’image de son sujet, brut de décoffrage.
 
Il s’apprêtait à interpréter le boxeur Marcel Cerdan dans le film de Claude Lelouch, 'Edith et Marcel', il s’était préparé physiquement, avait arrêté l’alcool et la drogue, perdu du poids, s’entraînait à la boxe coaché par des pros, bref personne ne soupçonnait que Patrick Dewaere allait commettre l’irréparable.
«Clean de fond en comble. Du coup, à l’intérieur, c’est noir de fond en comble» écrit Christophe Carrière dans "Patrick Dewaere, une vie" (éditions Balland).
 
Et pourtant, le 16 juillet 1982, l’acteur alors âgé de 35 ans se tire dans la bouche une balle de 22 long rifle, une carabine offerte par Coluche.

Christophe Carrière, tout en retraçant la trop courte vie et la carrière fulgurante de Patrick Dewaere, tente de comprendre ce qui a pu pousser l’acteur à mettre fin à ses jours, quels démons le rongeaient au point de lui ôter l’envie de vivre.
 
Le travail du journaliste commence alors par une enquête auprès des proches de Dewaere, ceux qui l’ont suffisamment bien connu pour pouvoir expliquer son suicide. Mais là, il se heurte à un mur, personne n’osant lui dire la vérité et entourant ses réponses d’un halo de mystère propre à piquer encore davantage la curiosité de tout journaliste qui se respecte.
 
Et puis soudain, la révélation :
Elsa Dewaere, dernière épouse de Patrick et mère de Lola, dans une interview datant de 2002, explique :
«Il a subi dans son enfance et son adolescence les attouchements très graves d’un proche».
Il avait 16 ans.
Une révélation finalement confirmée par Bertrand Blier et Gérard Depardieu.

Cette information en tête, Christophe Carrière s’est attelé à la rédaction d’une biographie de Dewaere, dont chaque partie est essentiellement centrée autour d’un film de l’acteur. L’occasion de revivre une page du cinéma français des années 70 et du début des 80 où l’on croise Bertrand Blier, avec lequel Dewaere a tourné « Les Valseuses », « Préparez-vos mouchoirs » et « Beau-Père », mais aussi Lino Ventura, Yves Boisset, Patrick Bouchitey, Claude Miller, Claude Sautet, Marc Esposito, Jean-Jacques Annaud ou encore Alain Corneau.
 
De ces rencontres avec des témoins de l’époque, le biographe retire de nombreuses anecdotes, drôles, tragiques ou émouvantes. Aucun sujet n’est omis, y compris celui de la drogue. Surtout celui de la drogue. Un enfer dans lequel l’aura maintenu son entourage et dont il ne sera sorti que par brefs sursauts. Il faisait partie des visiteurs réguliers de la maison de Coluche, rue Gazan, haut lieu de la sniffette parisienne à l’époque (ce même Coluche qui était avec Elsa au moment du suicide). Christophe Carrière nous apprend également que Patrick Dewaere, en plus de jouer, composait des chansons, les interprétait même au point d’avoir tenté une carrière vite avortée, et peignait.
 
Deux figures incontournables de la vie de Dewaere reviennent souvent.
Miou-Miou tout d’abord, son premier amour, celle avec laquelle il va vivre une véritable passion et avoir une fille Angèle. Il encaissera très mal leur rupture, allant même jusqu’à coller son poing dans la figure de Julien Clerc avec lequel Miou-Miou est partie.
L’autre personnalité qui a durablement marqué l’acteur c’est Gérard Depardieu. Son compère des « Valseuses », duquel il s’éloignera par la suite, le cinéma français les mettant souvent en concurrence.
Dewaere nourrira longtemps un complexe en récupérant les rôles dont n’a pas voulu Depardieu. Ce dernier, très classe, aura ce mot à propos de leur rivalité :
«Avec Dewaere c’est bien et c’est pas cher. Avec Depardieu c’est plus cher et c’est pas mieux».
 
Le livre met enfin en lumière l’héritage de Patrick Dewaere, celui dont se réclament depuis sa disparition plusieurs générations d’acteurs de Vincent Cassel à Nicolas Duvauchelle en passant par Jean-Hugues Anglade ou Vincent Lindon qui déclarait :
«Quand on me demande ce que je voudrais faire et que je ne sais pas quoi répondre, je dis: "Un rôle que Dewaere aurait fait"».
 
Sauf le dernier bien entendu, celui de l’acteur talentueux trop tôt disparu. Et auquel Christophe Carrière rend un très bel hommage.
 
 
 

Jean-Christian Hay

 
 
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My name is Danièle...

Hypersensible, hyperémotive, je suis une écorchée vive. Franche et sincère, l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge me révoltent... Point fort : courageuse. Point faible : l'affectif est mon talon d'Achille ! Mes refuges : le beau, l'élégant, le rare, le précieux, l'amitié, le partage... La nature, les animaux...

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